Les drogues en Belgique

Publié par Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 03/03/2003 - 00h00
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Dans un premier temps, il est utile de dresser un bilan de nos connaissances concernant l'usage des drogues dans notre pays. Malheureusement, peu de données valides sont disponibles aujourd'hui.

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Sources d'informations disparates ou incomplètes, méconnaissance des nouvelles drogues et de leurs effets font que nous n'avons qu'une vision parcellaire du monde des drogues et de leurs utilisateurs chez nous… Principale conséquence, une carence en matière préventive…L'Institut Scientifique de la Santé Publique vient de publier sur son site Web le rapport national sur les drogues 2002 (http://www.iph.fgov.be/epidemio/epien/birn/BelgianNr2002.pdf). Jusqu'il y a peu, la législation belge ne distinguait pas les drogues douces des drogues dures, ni la quantité détenue. Seul le concept de possession importe. En 2001, le gouvernement fédéral crée une note politique visant à modifier profondément la loi de 1921.

Etudes et résultats

La situation a évidemment bien évolué depuis quelques années. L'utilisation des drogues dans la population scolaire est la mieux documentée. Les études dans les écoles sont régulièrement menées dans notre pays tant en Flandre qu'en Wallonie. L'usage problématique des drogues en Belgique peut seulement être estimé par la fréquence du sida. Des enquêtes plus récentes sur l'usage du cannabis chez les adultes en Communauté francaise ont été réalisées. Les chercheurs ont constaté une réelle augmentation. L'utilisation du cannabis est passée de 13% en 1996 à 22% en 2000. Si l'on questionne ces personnes au sujet de leur consommation de cannabis, 3% des 18-49 ans avouent avoir pris du cannabis durant la semaine précédente. Une autre étude menée il y a 6 ans évaluait le taux d'utilisateurs de drogues intraveineuses à environ 0,35% à 0,42% de la population des 15-64 ans.En revanche, le nombre de patients séropositifs pour le VIH (virus du sida) chez ces utilisateurs est resté relativement stable depuis 1998 : 5%. Cette proportion monte à 25% pour l'hépatite B et environ 40% de ces utilisateurs ont eu un contact avec l'hépatite C. Ces données ne tiennent pas compte des drogues nouvelles apparues sur le marché. Leur usage chez l'adulte et chez les plus jeunes semblent similaires. Pourtant, en Belgique, des différences existent. Ceci a donné lieu a un nouveau rapport sur l'usage de ces nouvelles drogues synthétiques que nous verrons la semaine prochaine.Malheureusement, force est de constater que les inventeurs de nouvelles drogues sont plus rapides que la mise en place de la prévention. De plus, les médecins doivent faire face à l'addition d'un nombre important de substances venant augmenter les effets des drogues : comme de l'ammoniac, par exemple.

Dans leur rapport, les rédacteurs soulignent l'importance d'obtenir des données standardisées et qui puissent supporter la comparaison tant au niveau belge qu'au niveau européen. Ceci permettrait de mettre en Œuvre des stratégies efficaces de prévention grâce à la connaissance de leur nature, de leur étendue, des modifications de leur utilisation.
Publié par Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 03/03/2003 - 00h00 Belgian national report on drugs 2002
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