La " drogue du viol "

Publié par Isabelle Eustache, adapté par C. De Kock, journaliste santé le 27/01/2004 - 00h00
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Initialement utilisé en anesthésie générale, le gamma OH, plus connu sous le nom de GHB ou " drogue du violeur ", est aujourd'hui utilisé de facon criminelle. Inodore et incolore, cette substance peut facilement se glisser dans un verre à l'insu de la victime.

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Synthétisée en 1961 par le Pr Laborit, cette drogue illicite s'est étendue aux fêtes techno et aux boîtes de nuit. Elle représente un danger réel : perte des réflexes, état euphorique, nausées, pertes de mémoire. On sait aujourd'hui que cette drogue exerce des effets sur la balance excitation et inhibition des neurones présents dans certaines régions du cerveau. Ainsi, une personne excitée sera calmée par la consommation de GHB, tandis qu'une personne angoissée sera désinhibée.

Discrètement glissé dans le verre d'une victime, le GHB facilite le vol ou l'abus sexuel. Pire encore, la victime ne gardera pas ou peu de souvenir de cet événement tragique. Avec le temps, la mémoire peut revenir, parfois sous la forme de flashes.

Il est difficile de savoir combien de viols ont eu lieu sous l'emprise de GHB. En France, 143 cas ont été répertoriés entre 1999 et 2001.

Avec ou sans souvenir, que faire ?

Même sans mémoire des faits, certains signes sont parfois très clairs : vêtements déchirés, contusions, traces de sang… Même si vous vous êtes drogué(e), si vous avez bu de l'alcool plus que de raison ou si vous êtes sorti(e) en solitaire, l'agression reste un crime puni par la loi. Demandez de l'aide. Il existe des organismes et des associations qui apportent un soutien et encouragent à porter plainte. Cette démarche extrêmement difficile est indispensable car les examens effectués par un médecin expert seront recueillis comme preuve. Sachez que le GHB ne reste présent dans le sang que quelques jours.

Restez sur vos gardes : n'acceptez jamais un verre d'une personne inconnue ou en qui vous n'avez pas confiance et gardez toujours votre verre à la main.

SOS Viol écoute et entraide du lundi au vendredi de 9h30 à 17h30. Tél: 02/534.36.36.

Publié par Isabelle Eustache, adapté par C. De Kock, journaliste santé le 27/01/2004 - 00h00 Forensic J., Sciences, 47 (5) : 1101-7, 2002.
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