Dormir moins pour lutter contre l’insomnie ?

Mise à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 25/07/2016 - 16h57
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Empêcher un insomniaque d’aller au lit, c’est peut-être étonnant mais c’est pourtant aujourd’hui une thérapie de plus en plus conseillée. Comment ça marche ?

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Le principe de la restriction du sommeil

Près d’un Belge sur trois souffre de troubles du sommeil. On leur propose aujourd’hui de plus en plus une technique comportementale surprenante : la restriction du sommeil.

Le principe est relativement simple : faire en sorte que tout le temps passé au lit, ou presque, soit passé à dormir. Pour y parvenir, les thérapeutes commencent par restreindre le sommeil, en demandant aux patients d’aller au lit beaucoup plus tard, tout en se levant à la même heure tous les matins, même les jours de vacances ou de week-end. La logique est que les patients se couchent plus fatigués, et que l’on va ainsi casser un conditionnement involontaire qui fait qu’au moment où le patient se met au lit, quelle que soit sa fatigue, son cerveau a l’habitude de commencer à se faire du souci, ou à ruminer, ou n’importe quoi… mais pas dormir. La restriction du sommeil a pour but de « zapper » cette étape pour que le cerveau se réhabitue à ce qu’aller au lit entraîne l’endormissement. Ensuite, au fur et à mesure, les patients peuvent aller se coucher de plus en plus tôt.

La restriction de sommeil est-elle efficace ?

Cette technique est nouvelle, et il n’est pas évident de mesurer scientifiquement l’efficacité d’une thérapie. Mais plusieurs études semblent pointer l’intérêt de la restriction du sommeil pour la pratique quotidienne, y compris, dans une version simplifiée, quand elle est mise en œuvre par des médecins généralistes et non des thérapeutes. Cette version simplifiée consiste à conseiller aux patients de ne se mettre au lit que la durée de sommeil effective plus la moitié du temps passé au lit sans dormir. L’heure de lever doit être fixe. Et on ne conseillera jamais de passer moins de 5 heures au lit.

Un exemple : une personne qui se couche habituellement à 23 heures mais ne dort qu’à partir de 3h du matin, puis se réveille une heure dans la nuit avant son heure du lever de 7h. Elle aura passé 8h au lit, mais seulement trois heures à dormir. On lui conseillera alors de se mettre au lit à 1h30 du matin (3h de sommeil + la moitié des 5 heures sans dormir).

Initialement publié par Marion Garteiser, journaliste santé le 25/07/2016 - 16h57 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 25/07/2016 - 16h57

Minerva 2016 Volume 15 Numéro 6 Page 136 - 139
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