Dépistage systématique du cancer de la prostate : pourquoi c'est non

Mise à jour par ensuite adapté par Marion Garteiser pour la Belgique le 18/10/2013 - 10h29
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Le cancer de la prostate est un cancer fréquent, mais rare avant 55 ans.

Il a la particularité d’évoluer lentement et de ne pas entraîner de signes cliniques, caractéristiques dont l’on doit tenir compte en termes de dépistage et de traitement.

Cancer de la prostate : le point sur ce cancer de l’homme âgé, et notamment sur la question du dépistage systématique.

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Cancer de la prostate : le cancer le plus fréquent chez l’homme

Près de 70 % des cancers de la prostate surviennent après 65 ans et en 2011, plus de 3 décès par cancer de la prostate sur 4 concernaient des hommes de 75 ans et plus.

Avec 8810 nouveaux cas estimés en 2008 par la Fondation contre le cancer, le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme, loin devant le cancer du poumon et le cancer colorectal.

Mais en termes de mortalité, il se situe au 3e rang des décès par cancer, derrière le cancer colorectal et loin derrière le cancer du poumon.

 

Dépistage du cancer de la prostate : quels sont les examens ?

Toucher rectal et dosage PSA

Le dépistage du cancer de la prostate repose sur le toucher rectal et sur le dosage des PSA. Les PSA, ou antigènes prostatiques spécifiques, sont libérés dans le sang par la prostate.
Plusieurs facteurs peuvent conduire à une augmentation des PSA, comme l’âge, une infection de la prostate ou la présence de cellules cancéreuses.

Les examens complémentaires

En cas de suspicion de cancer, une biopsie ou des examens d’imagerie peuvent être prescrits pour confirmer la présence de cellules cancéreuses, évaluer l’extension de la maladie (stade), son degré d’agressivité et proposer une surveillance active ou un traitement adapté, selon l’état de santé du patient, son âge et les éventuelles contre-indications aux traitements.

Le dépistage systématique n’est pas recommandé par les autorités de santé

Après avoir examiné la littérature sur le sujet, les rapports et recommandations des sociétés savantes et organismes d’évaluation en santé au niveau national et international, le KCE (Centre Fédéral d’Expertise des Soins de Santé ) a conclu qu’il n’y avait pas de preuve suffisante pour justifier la mise en place d’un dépistage organisé dans la population générale, même chez les sujets à risque.

En effet, selon le KCE « on manque de données probantes pour affirmer qu’un dépistage à grande échelle puisse faire diminuer la mortalité. (...) L’utilisation à grande échelle du PSA entraîne une détection de tous les cancers, y compris des cancers « endormis » et entraîne un risque de traitements inutiles. » En France, les conclusions sont les mêmes : si le dépistage est systématique, « les hommes s’exposent aux inconvénients et risques du dosage sanguin du PSA (possibilité de faux positifs notamment) puis à ceux des biopsies de confirmation diagnostique (perte de sang dans les urines et le sperme, risque d’infections, de rétention urinaire, possibilité de faux négatifs) et enfin aux conséquences physiques et psychologiques liées aux traitements (troubles sexuels, urinaires, digestifs) ».

Le dépistage du cancer de la prostate est donc aujourd’hui individuel, personnalisé, et donc à définir en collaboration avec son médecin.

 

Initialement publié par ensuite adapté par Marion Garteiser pour la Belgique le 21/10/2013 - 15h29 et mis à jour par ensuite adapté par Marion Garteiser pour la Belgique le 18/10/2013 - 10h29

HAS, 4 avril 2012, www.has-sante.fr. Questions / Réponses de la HAS, http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2012-04/questions_reponses_depistage_du_cancer_de_la_prostate_vdef.pdf.  Guide patient, « La prise en charge du cancer de la prostate », juin 2010. Communiqué de presse du Centre Fédéral d’Expertise des Soins de Santé (KCE)

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