Le dangereux effet désinhibiteur de l'alcool

Publié par Dr Agnès Lara Adaptation Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 23/02/2002 - 00h00
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Les troubles cognitifs induits par l'alcool sont en partie responsables de la désocialisation progressive des personnes alcoolo-dépendantes. Cependant, l'effet désinhibiteur de l'alcool a aussi un impact social important et souvent sous-estimé : il peut générer des conduites violentes ou amener à des dégradations des relations sociales, notamment dans le milieu professionnel.

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L'alcool a de nombreuses conséquences néfastes pour celui qui le consomme mais il en a beaucoup d'autres tant pour la collectivité dans son ensemble que pour ceux ou celles qui auront éventuellement à subir les conséquences de la consommation excessive d'un individu.Certes, l'intoxication éthylique aiguë (ivresse) est la principale cause de la dangerosité sociale de l'alcool, liée principalement à son effet désinhibiteur. A partir de quelle dose cet effet s'exprime-t-il ? La réponse n'est pas univoque, les individus ayant des susceptibilités diverses mais à partir de 0,50 g/l, le comportement peut être modifié. On sait bien que dès ce seuil franchi, le risque d'accident est multiplié par deux mais on sous-estime souvent l'impact social global de cet effet désinhibiteur de l'alcool qui s'exprime aussi sous forme de violences, conjugales ou non, de dégradations des relations au sein du milieu professionnel…

Délétères...

Mais cet effet désinhibiteur de l'alcool n'est pas la seule action que ce toxique exerce sur le système nerveux. Les pathologies induites par l'alcool sont nombreuses :— Neuropathies périphériques, notamment des membres inférieurs (induisant des troubles de la sensibilité puis de motricité) ou optique (baisse de l'acuité visuelle, mauvaise perception des couleurs). Ces lésions peuvent régresser totalement lorsque le sevrage alcoolique est précoce.— Atteinte du cervelet, se traduisant par des troubles de la marche.— Encéphalopathies dont la plus fréquente est celle de Korsakoff survenant au décours d'un syndrome de Wernicke-Korsakoff (paralysies des muscles moteurs des yeux, troubles de la conscience, raideur et trouble de la marche). Ce syndrome est réversible par administration de vitamine B1.— Troubles cognitifs : ils affecteraient la moitié des personnes alcoolo-dépendantes et se résument aux troubles de la mémoire à court terme, notamment visuelle, les capacités d'abstraction, la stratégie d'organisation des tâches… Ces troubles cognitifs contribuent à la désocialisation progressive des personnes alcoolo-dépendantes.Aussi, est-il est fort probable que l'importance des dangers sociaux de l'alcool en termes de santé publique est largement sous-estimée.

Publié par Dr Agnès Lara Adaptation Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 23/02/2002 - 00h00 Expertise collective " Alcool, effets sur la santé ", Paris, Inserm 2001, CFES, février 2002
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