"Crise de foie" : le foie n'y est pour rien !

Mise à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 26/12/2017 - 10h02
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Il nous est tous arrivé de faire un repas trop copieux et trop bien arrosé.

La sanction ne s'est pas fait attendre : le lendemain, c'est la "gueule de bois", toujours très désagréable, mais qui régresse heureusement assez vite.

Dans d'autres cas, c'est une migraine qui est en cause, pouvant s'accompagner de troubles digestifs, comme des nausées ou même des vomissements. Cette maladie, chronique, nécessite alors un diagnostic précis et un traitement spécifique.

Retenez que, dans tous les cas, ce n'est pas votre foie qui est malade !

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Sachez que la « crise de foie » n'existe pas, car le foie n'a rien à voir avec les troubles qui peuvent être ressentis.

Pourtant, qui n'a pas été touché par ce problème ? Différentes causes sont possibles, dont le foie est toujours exclu...

D'ailleurs, le terme de crise de foie n'a aucun équivalent dans d'autres langues et pourtant c'est un syndrome qui ne touche pas que les Français ! 

Alors, qu'est-ce qu'une crise de foie ?

Nausées, vomissements, maux de ventre, langue chargée, absence d'appétit, vertiges, maux de tête souvent pulsatiles sont autant de signes qui peuvent décrire une « crise de foie ».

En réalité, la crise de foie peut avoir deux causes, très différentes l'une de l'autre :

  • On évoque d'abord une indigestion, aussi connue sous le terme de « gueule de bois » ! 
    Le diagnostic n'est pas très difficile à faire, lorsqu'elle survient au lendemain d'un bon repas, très copieux, plutôt riche et généralement bien arrosé. 
    Elle s'accompagne parfois d'une douleur abdominale localisée au côté droit, ce qui fait peut-être penser à tort à la responsabilité du foie. 
    En fait, c'est la vésicule biliaire qui est en cause, car dans ce cas il s'agit de sa contraction brutale qui libère des sels biliaires dans le duodénum, nécessaires à la digestion des graisses.
  • L'autre origine possible est la migraine : il s'agit d'un mal de tête pulsatile, localisé à une seule moitié du crâne. 
    Elle peut être associée à des troubles digestifs, notamment des nausées ou des vomissements. 
    Cependant, la migraine est une pathologie chronique qui survient en l'absence d'excès alimentaire. 
    De plus, elle affecte plus souvent la femme, anxieuse ou stressée. Là encore, le foie n'est évidemment pas responsable...

En cas de doute ou si les signes persistent malgré un traitement symptomatique, vous devez consulter un médecin car ces troubles peuvent être liés à d'autres pathologies qui nécessitent évidemment d'être diagnostiquées pour pouvoir être correctement traitées.

Une intoxication alimentaire, ou gastro-entérite, peut donner des signes très proches de l'indigestion. Une diarrhée est cependant très fréquemment associée, et, parfois des signes infectieux liés au germe responsable.

Plus grave est la « lithiase vésiculaire », ou présence de calculs dans la vésicule biliaire. Si ces calculs s'engagent dans le cholédoque, principal canal biliaire, cela peut provoquer des signes digestifs similaires à ceux de la crise de foie. 
Le diagnostic se fait sur l'existence d'une douleur intense sous-costale droite, qui irradie dans l'épaule droite et qui augmente lors de l'inspiration profonde : il s'agit alors d'une colique hépatique qui nécessite un traitement urgent et des examens complémentaires, radiologiques et sanguins, pour confirmer le diagnostic.

En ce qui concerne les migraines, des pathologies ophtalmologiques, comme le glaucome (lié à l'élévation anormale de la pression oculaire), des tumeurs ou des abcès cérébraux peuvent s'accompagner de signes digestifs. Heureusement, il s'agit de causes rares.

Le traitement de la crise de foie est simple : la diète !

Ne mangez rien, tant que tout n'est pas rentré dans l'ordre. Ne buvez que de l'eau !

Vous pouvez prendre des médicaments pour soulager le mal de tête ou les signes digestifs, privilégiez alors les formes effervescentes.

Et la prochaine fois que vous ferez un bon gueuleton, veillez à modérer votre consommation d'alcool et éviter d'abuser de plats trop riches.

Et en cas de migraine avérée, votre médecin vous prescrira des médicaments spécifiques ou anti-migraineux.

Initialement publié par Dr Philippe Burton le 30/12/2002 - 00h00 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 26/12/2017 - 10h02

Hépato-gastro-entérologie clinique, Jacques Frexinos, Masson Abrégés.

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