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Créatine: la vérité sur sa dangerosité - Imprimer
Créatine: la vérité sur sa dangerosité
La parution d'un article dans la dernière fournée de Medicine & Science in Sports Exercice marque un nouvel épisode dans le feuilleton de la créatine. Rappelons l'intrigue. En 2000, les spécialistes de l'Agence Francaise de Sécurité Alimentaire (Afssa) tiraient la sonnette d'alarme. D'après eux, la créatine serait un produit dangereux, susceptible de produire des mutations génétiques et des cancers. Aux yeux de ses experts, de tels risques justifiaient tout à fait l'interdiction faite à sa commercialisation en France. A l'époque, l'affirmation d'une opinion aussi catégorique avait néanmoins surpris la communauté scientifique internationale. Certes, des expériences sur des souris montraient effectivement que de hautes doses de créatine favorisaient bien la formation de produits potentiellement toxiques pour des organes comme le foie et le rein. Mais pouvait-on extrapoler ces conclusions aux humains? Il arrive en effet que les espèces se comportent très différemment par rapport à un même poison. A titre d'exemple, on sait qu'un comprimé de paracétamol suffit à tuer un chat.
La créatine n'est pas anodine
Alors quid de la créatine chez les hommes? Pour le savoir, il fallait entreprendre de nouvelles expériences. Dans un premier temps, celles-ci ne rencontrèrent pas les craintes émises par l'Afssa. Le suivi de consommateurs de créatine pendant des mois, voire des années, ne révélait rien d'inquiétant ni sur la fonction rénale, ni sur la fonction hépatique. La créatine était-elle donc sans dangers? Pour en être sûr, il fallait encore tester l'impact d'une consommation à hautes doses pendant une courte période. Vingt jeunes sujets furent donc invités à consommer 21 grammes de créatine pendant deux semaines et à fournir des échantillons de sang et d'urine. Et pour la première fois, les auteurs ont observé la formation in vivo de ces fameux composés toxiques: formaldéhyde et méthylamine. Certes, leur concentration restait en decà des seuils d'alerte et différents tests comme le dosage de l'albumine dans les urines ne permettaient pas non plus de leur attribuer un quelconque effet délétère sur la fonction rénale. Il reste que l'on peut craindre les effets d'une complémentation à hautes doses sur de longues périodes de temps. En résumé, le risque potentiel d'intoxication pour des doses élevées existe bel et bien. Le tort de l'Afssa aurait été de l'amplifier jusqu'à l'absurde. Comme (presque) toujours, la vérité semble se situer à mi-chemin.
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