Cortisone : attention aux effets indésirables !

Mise à jour par Hélia Hakimi-Prévot, journaliste santé pour Côté Santé le 21/03/2017 - 11h09
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Très efficaces, les corticoïdes permettent de soulager les symptômes ou de guérir de nombreuses maladies. Avant de les prescrire, le médecin doit, néanmoins, informer des multiples effets indésirables – plus ou moins graves – qu’ils peuvent induire.

Nos glandes surrénales (glandes situées au dessus de chaque rein) produisent naturellement du cortisol. Cette hormone joue un rôle essentiel pour réguler différentes fonctions de notre organisme : défenses immunitaires, inflammations, taux de sucre dans le sang... Les propriétés anti-inflammatoires du cortisol notamment, intéressent, beaucoup les médecins. Ceux-ci ont d’ailleurs réussi à produire des médicaments semblables au cortisol naturel (les corticoïdes) pour traiter des maladies inflammatoires ou allergiques (asthme, polyarthrite rhumatoïde, eczéma, maladies digestives inflammatoires...), mais aussi d’autres pathologies (maladies rénales, cancers, transplantations...). « Efficaces, les corticoïdes sont largement prescrits : à chaque instant, environ 1 % de la population reçoit un traitement à base de cortisone. Mais, ils peuvent engendrer des effets indésirables différents en fonction des personnes », souligne le professeur Laurence Fardet, dermatologue à l’hôpital Henri-Mondor (Créteil) et auteure du site d’information cortisone-info.fr. En effet, si certains n’ont aucun effet indésirable alors qu’ils sont sous forte doses de cortisone durant une longue période, d’autres peuvent en avoir sur de courte périodes et même lorsque les doses sont faibles. La plupart de ces effets indésirables ne sont pas graves et disparaissent lorsque le traitement est diminué ou arrêté.

Prise de poids et ostéoporose

Sur le plan physique, une des manifestations les plus fréquentes du traitement par cortisone est la modification de l’aspect du corps (augmentation du tour de taille) et un arrondissement du visage (visage « lunaire »), une bosse peut aussi apparaître au niveau de la nuque (« bosse de bison »). « Ces modifications physiques surviennent souvent après plusieurs semaines de traitement et concernent davantage les femmes et les personnes en surpoids. Contrairement aux idées reçues, ces anomalies ne sont pas liées à une rétention d’eau (due à une alimentation comportant du sel), mais à une redistribution des cellules graisseuses dans l’organisme (appelée lipodystrophie). Au bout de 3 à 6 mois de traitement, les deux tiers des patients développent une lipodystrophie », indique le professeur Fardet. Bien connu aussi, le risque d’ostéoporose (fragilité de l’os) est également important sous corticoïdes. Les personnes âgées, les femmes ménopausées et les hommes de plus de 50 ans sont les plus à risque de déclarer (ou d’aggraver) une ostéoporose.

Infections, problèmes oculaires et risque cardio-vasculaires

Les corticoïdes affaiblissent le système immunitaire (notre système de défense naturel contre les virus, bactéries, champignons et parasites). C’est, d’ailleurs, grâce à cette propriété qu’ils sont efficaces. Cela entraîne un risque d’infections pouvant atteindre tous les organes. « La cortisone a le pouvoir de diminuer les symptômes d’une infection déclarée. Lorsque l’on est traité par corticoïdes, il ne faut donc pas attendre d’avoir une fièvre élevée pour consulter, même une faible fièvre (38°C) doit amener le patient à revoir son médecin », ajoute le professeur Fardet. Les corticoïdes augmentent, en outre, le risque de glaucome (augmentation de la pression dans l’œil) et de cataracte, notamment chez les personnes âgées. Le risque cardio-vasculaire est aussi important sous cortisone : hypertension artérielle et risque d’accidents cardiovasculaire augmenté, notamment lorsque le traitement dure plusieurs mois. « Plusieurs études importantes ont montré que le risque d’accident vasculaire cérébral et d’insuffisance cardiaque est deux à trois fois plus important chez les personnes sous cortisone, notamment celles qui ont des problèmes de poids ou un diabète », confie le professeur Fardet.

Initialement publié par Hélia Hakimi-Prévot, journaliste santé pour Côté Santé le 17/03/2017 - 17h24 et mis à jour par Hélia Hakimi-Prévot, journaliste santé pour Côté Santé le 21/03/2017 - 11h09

Dr Laurence Fardet, dermatologue à l’hôpital Henri-Mondor (Créteil) et auteure du site d’information cortisone-info.fr.

Dr Patrick Lemoine, psychiatre, directeur médical international de la Division psychiatrique du groupe de cliniques ORPEA-Clinea, auteur de Soigner sa tête sans médicaments... ou presque (Éditions Robert Laffont)

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