Cortisone : attention aux effets indésirables !

Mise à jour par Hélia Hakimi-Prévot, journaliste santé pour Côté Santé le 21/03/2017 - 11h09
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Diabète, troubles sexuels et digestifs

Le diabète est également 2 à 3 fois plus fréquent chez ceux qui prennent de la cortisone (par rapport à la population générale). Malheureusement, une fois le traitement arrêté, le diabète ne disparaît pas toujours. Outre les problèmes de peau (fragilité, ecchymoses, infections, acné...), la cortisone peut également induire des troubles de la fonction sexuelle (modifications du cycle menstruel, diminution de la libido, troubles de l’érection). Ces troubles ne sont souvent pas graves et restent temporaires. Quant aux symptômes digestifs (douleurs et crampes de l’estomac, régurgitations...), ils sont bénins et sont facilement traités par le médecin. « Le risque de complications (ulcère de l’estomac, inflammation du pancréas, infection du côlon) est, par ailleurs, très faible. En revanche, il ne faut pas associer les corticoïdes aux anti-inflammatoire classiques (non stéroïdiens) car cela multiplie par 7 le risque d’ulcère gastrique », affirme le professeur Fardet.

Des symptômes psychiques et psychiatriques

La cortisone peut modifier l’humeur. En général, les troubles sont mineurs : insomnie, anxiété, irritabilité, difficultés de concentration, troubles modérés de la mémoire... Le premier effet de la cortisone lorsque la prise du médicament se fait par voie orale est psychique : 40 à 50 % des patients sous cortisone se plaignent d’insomnies, d’irritabilité, ou d’anxiété. « Un seul comprimé de cortisone suffit, parfois, pour provoquer une insomnie à caractère anxieux », indique le docteur Patrick Lemoine, psychiatre, directeur médical international de la Division psychiatrique du groupe de cliniques ORPEA-Clinea, auteur de Soigner sa tête sans médicaments... ou presque (Éditions Robert Laffont). Bien moins fréquents, les troubles neuropsychiatriques sévères concerneraient 5 à 10 % des personnes sous cortisone. Les hommes âgés seraient plus à risque de développer des épisodes délirants ou maniaques tandis que les femmes présentent, davantage, des épisodes dépressifs. La dose de cortisone prescrite et, parfois, les antécédents de maladies psychiatriques peuvent prédisposer les patients à l’apparition ou à la récidive de ces symptômes lors de la mise sous corticoïdes.

Initialement publié par Hélia Hakimi-Prévot, journaliste santé pour Côté Santé le 17/03/2017 - 17h24 et mis à jour par Hélia Hakimi-Prévot, journaliste santé pour Côté Santé le 21/03/2017 - 11h09

Dr Laurence Fardet, dermatologue à l’hôpital Henri-Mondor (Créteil) et auteure du site d’information cortisone-info.fr.

Dr Patrick Lemoine, psychiatre, directeur médical international de la Division psychiatrique du groupe de cliniques ORPEA-Clinea, auteur de Soigner sa tête sans médicaments... ou presque (Éditions Robert Laffont)

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