La première pilule oestroprogestative a été mise au point en 1955. Depuis, sa composition a progressivement évolué et sa tolérance s’améliore d’année en année. La pilule reste actuellement le moyen de contraception le plus efficace et le plus répandu dans le monde.
Sa composition
Toutes les pilules sont à base d’hormones de synthèse et contiennent :
- un œstrogène de synthèse : l’éthynil-estradiol ;
- un progestatif de synthèse dont la composition a beaucoup évolué ces dernières années, permettant actuellement l’utilisation de progestatifs de " troisième génération ", de tolérance nettement supérieure (désogestrel, gestodène, norgestimate).
Les pilules séquentielles et les pilules combinées
- Les pilules dites séquentielles sont des pilules qui ne contiennent que de l’œstrogène les 7 ou 15 premiers jours puis qui associent des oestrogènes et des progestatifs les jours suivants. Il en résulte un dosage assez important en œstrogène, ce qui limite leur prescription à des périodes courtes et pour des circonstances particulières (après une fausse-couche par exemple).
- Les pilules dites combinées associent en permanence pendant 21 jours des progestatifs et des estrogènes.
Mode d’action
- Les pilules combinées agissent par trois mécanismes :
1) Elles bloquent l’ovulation car la quantité d’hormones qu’elles délivrent dans l’organisme va empêcher la sécrétion par l’hypophyse des hormones de reproduction (la LH et la FSH) et donc empêcher les follicules ovariens de se développer.
2) Les progestatifs modifient l’aspect du mucus du col utérin et le rend imperméable aux spermatozoïdes.
3) L'endomètre qui tapisse la cavité utérine se modifie et s’amincit, devenant ainsi impropre à la nidation d’un œuf.
- Les pilules séquentielles n’agissent qu’en bloquant l’ovulation mais l’endomètre reste épais sous l’influence des oestrogènes.
- Lorsque les 21 comprimés de la plaquette de pilule sont pris, un arrêt de quelques jours du traitement est nécessaire pour provoquer une chute de la quantité d’hormone, car c’est cette chute hormonale qui va provoquer les règles (on les appelle hémorragies de privation).
Classification
- Les pilules peuvent d’abord être classées en normodosées lorsqu’elles sont dosées à 50µg d’ethynilestradiol. Elles sont dites minidosées lorsqu’elles contiennent moins de 40µg d’ethynilestradiol.
- Les pilules sont également classées en monophasique (le mélange d’estrogène et de progestatif reste identique pendant 21 jours et les comprimés sont tous de la même couleur), ou en biphasique ou triphasique (les doses d’hormones sont variables en deux ou trois paliers, les 21 comprimés sont de deux ou trois couleurs différentes).
- Lorsqu’il existe 28 comprimés dans une plaquette, les 7 derniers comprimés correspondent à un placebo (ils ne contiennent aucune hormone), le but étant d’aider la femme à ne pas oublier quand débuter la plaquette suivante.
La pilule est prescrite par un médecin en consultation (gynécologue ou généraliste)
- Un examen clinique complet est réalisé à chaque consultation. Il permet de rechercher les contre-indications éventuelles et permet un suivi gynécologique (palpation des seins, frottis cervico-vaginaux).
- Des examens biologiques avec la recherche de cholestérol et de diabète seront prescrits au départ, répétés trois mois plus tard puis renouvelés tous les 2 à 5 ans.
- Une nouvelle consultation est prévue 3 mois après pour vérifier la bonne tolérance de la pilule (en cas de saignements, prise de poids ou autres effets indésirables, la pilule peut être changée), puis tous les six mois à un an pour la surveillance habituelle.
Comment prendre les comprimés
- Le premier comprimé se prend le premier jour des règles. Les autres comprimés se prennent à peu près au même moment dans la journée, sans interruption pendant 21 jours. A la fin de la plaquette, il faut interrompre le traitement pendant une semaine (ou prendre les sept comprimés " placebo " restant dans la plaquette), c’est durant cette semaine que les règles surviennent. Il faut alors enchaîner le 8ème jour une deuxième plaquette sans tenir compte de la date de survenue des règles.
- Que faire en cas d’oubli ? :
* Si l’oubli est de moins de 24 heures : prendre la pilule manquante dès que l’on s’aperçoit de l’oubli et prendre les pilules suivantes à l’heure habituelle.
* L’oubli date de 24 heures : prendre deux pilules en même temps puis continuer de façon habituelle.
* L’oubli date de plus de 24 heures : en cas de rapport sexuel de moins de 72 heures prendre la pilule du lendemain, reprendre les comprimés aux heures habituelles en jetant les comprimés oubliés, protéger les rapports par préservatifs jusqu’aux prochaines règles. S’il n’y a pas eu de rapport, jeter les comprimés oubliés, continuer la plaquette et protéger les rapports par préservatif.
- Quand arrêter la pilule ? :
Uniquement s’il existe un désir de grossesse.
Les arrêts périodiques ou " fenêtres thérapeutiques " ne servent à rien et font courir un risque inutile de grossesse.
Les règles reviennent naturellement dès l’arrêt de la pilule et la grossesse est possible dès le cycle suivant.
Il est possible, mais rare, qu’une aménorrhée (absence de règles) puisse survenir à l’arrêt, elle est cependant presque toujours transitoire.
Le fait d’avoir pris sans interruption la pilule, même sur une très longue période, ne modifie en rien les chances d’être enceinte à l’arrêt de celle-ci.