Le choix du sexe : dangereuses dérives

Publié par Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 17/09/2002 - 00h00
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Sans être alarmiste, la possibilité de pouvoir choisir le sexe de son enfant risque de conduire à une instrumentalisation de l'enfant. Cette " première " a été réalisée dans notre pays…

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Le pas a été franchi à Gand ! Le Centre de fertilité de l'Hôpital universitaire de Gand (UZ Gent), permet à ses patients de choisir le sexe de l'enfant à naître. La technique est bien connue et n'est pas difficile à mettre en oeuvre. Les réticences étaient jusqu'à présent morales. Les généticiens refusaient d'accéder (en tout cas ouvertement) à la demande des patients.Le prix est dissuasif : entre 6300 et 12000 euros. Malgré le côté vénal de la chose, il existe certaines règles à Gand.

Très cher !

La candidate doit déjà être mère d'un ou plusieurs enfants. Ensuite, elle ne doit pas être âgée de plus de 40 ans. Enfin, l'objectif des parents est de permettre un meilleur équilibre familial. Il est bien entendu que le montant de la première facture (€ 6300,-) sera réglé rapidement. Après avoir recueilli le sperme, celui-ci est envoyé aux Etats-Unis pour analyse après congélation. Le laboratoire américain est chargé de séparer les spermatozoïdes portant le chromosome Y qui engendreront des garcons, des spermatozoïdes X qui donneront des filles. Par la suite, le sperme ainsi traité est renvoyé en Belgique. Celui-ci servira à féconder par insémination artificielle la future mère.

Les chances de réussite sont relativement importantes : 91% pour les filles et 75% pour les garcons.
Pour 6000 euros de plus, il est possible de procéder à une fécondation in vitro. Ceci permettra d'obtenir plusieurs embryons et de pouvoir recourir à un diagnostic préimplantatoire.

Presque 100%

En prélevant une seule cellule d'embryon (en pratique les chercheurs en prennent deux), les généticiens sont capables de déterminer non seulement le sexe du futur bébé mais aussi de déceler la présence d'éventuelles anomalies génétiques. La certitude est proche des 100% mais ceci ne signifie pas qu'une implantation, même réussie, sera suivie de la naissance d'un enfant. Les demandes sont de plus en plus nombreuses et viennent de partout en Europe et pas seulement de Belgique. Il faut dire que la loi belge est peu contraignante dans ce domaine au contraire d'autres pays. Cependant, le Comité Consultatif d'Ethique a remis un avis négatif à ce sujet. Jusqu'à présent, les 8 centres de génétique humaine n'avaient pas passé cette frontière morale… C'est aujourd'hui chose faite. Et demain pourquoi pas les yeux bleus et les cheveux châtains ?

Publié par Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 17/09/2002 - 00h00 Comité consultatif d'éthique The observer : 8/09/2002
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