On doit se méfier des chocs répétés sur la tête. Cela vaut pour les boxeurs, bien sûr, mais aussi... pour les footballeurs!
Chaque traumatisme crânien se solde par la perte de quelques milliers de neurones. En soi, cette hécatombe ne revêt aucun caractère excessif de gravité. Il faut seulement se méfier de ne pas répéter l'expérience trop souvent.
Beaucoup de travaux scientifiques ont été consacrés aux boxeurs qui, à l'image de Muhammad Ali atteint de Parkinson, connaissent des après-carrière difficiles. Mais le problème se pose également pour les footballeurs. En termes statistiques, l'impact de ces chocs répétés sur la tête serait même supérieur aux risques inhérents à la boxe, ne serait-ce qu'en raison des chiffres de la pratique. On considère en effet qu'il existe environ 200 millions de joueurs de foot de par le monde contre quelques dizaines de milliers de boxeurs seulement.
En 1999, le chercheur hollandais Erik Matser avait sélectionné un groupe de 33 footballeurs de niveau moyen qui s'entraînaient une ou deux fois par semaine et disputaient un match le week-end. Ils devaient se soumettre à 16 tests neuro-psychologiques permettant d'évaluer toute une série de fonctions cérébrales: mémoire, attention, rapidité de réflexion, fluidité verbale, perception visuelle et capacité à planifier une succession de tâches. Ensuite, on comparait leurs résultats avec ceux d'un groupe témoin de 27 athlètes professionnels composés essentiellement de coureurs de fond et de nageurs. Tous les sujets présentaient évidemment un profil comparable, même âge et mêmes niveaux social et intellectuel. Un épidémiologiste s'efforçait aussi de retracer l'histoire traumatique de chacun, de manière à bien établir qui avait subi quoi, et à quel degré de gravité.
Gilles Goetghebuer, journaliste santé
05/07/2005
Head Injuries in Soccer associated with lower scores on some mental function tests, JAMA, 09/1999.
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