Nous croyons tous que la principale cause de mortalité des femmes européennes est le cancer, notamment le cancer du sein. C'est complètement faux. Les femmes meurent bien davantage de maladies cardiovasculaires, bien plus que de tous les types de cancers réunis, et bien plus que les hommes. De cette croyance découle une conséquence grave : les femmes atteintes d'une maladie cardiovasculaire sont moins bien traitées que leurs homologues masculins...
Non, la majorité des décès des femmes n'est pas due au cancer, mais à des maladies cardiovasculaires. Hélas, cette sous-évaluation de la mortalité cardiovasculaire des femmes ne se limite pas seulement au grand public. Les professionnels de la santé sont peu informés des spécificités féminines concernant les maladies du coeur et des vaisseaux.
Or ces spécificités sont réelles, qu'il s'agisse des symptômes, du diagnostic, des réponses aux traitements, du suivi ou encore des facteurs de risque.
Les femmes sont sous-diagnostiquées, sous-traitées et de façon inappropriée. C'est ce que révèle l'étude Euro Heart Survey présentée lors du congrès de la Société européenne de cardiologie. Menée auprès d'environ 4.000 patientes de 32 pays, les femmes qui se plaignent de douleurs à la cage thoracique ont 20% de chances en moins que les hommes de se voir proposer une auscultation. Elles sont également moins nombreuses à recevoir un diagnostic positif et ont 40% de chances en moins de se faire prescrire une angiographie permettant de vérifier si elles souffrent d'une obstruction coronarienne. Et souffrant d'une angine de poitrine, elles ont deux fois plus de risques d'être victimes d'une crise cardiaque que les hommes qui présentent les mêmes symptômes.
Dr Philippe Presles, adapté par C. De Kock, journaliste santé
20/09/2005
Congrès de la Société européenne de cardiologie, Stockholm, 3-7 septembre 2005.
A lire aussi :
-