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Du cannabis pour les cancéreux…

Du cannabis pour les cancéreux…
Passé d'un statut de drogue illégale au statut de médicament demande du temps. Une étude réalisée par l'Institut J Bordet (Bruxelles) devrait dire si oui ou non le cannabis ou plutôt ses dérivés peuvent être utilisés comme antidouleur…

C'est une des études entreprises par l'Institut Jules Bordet. Le traitement de la douleur cancéreuse est une notion qui date des années '80. L'organisation Mondiale de la Santé a d'ailleurs défini plusieurs paliers de prise en charge de la douleur. Les douleurs cancéreuses font partie habituellement du dernier de ces paliers: le plus grave. C'est pourquoi bien souvent on donne à ces patients des dérivés morphiniques afin d'atténuer leurs souffrances. Malheureusement, dans un certain nombre de cas, le traitement n'est pas supporté et ne peut être entrepris ou continué. Les médecins se trouvent un peu démunis. D'où l'idée de trouver de nouveaux composés pour permettre cette prise en charge.

Illusions en fumée

L'idée d'utiliser le cannabis, ou plus exactement ses dérivés, comme anti-douleur (analgésique ou antalgique) n'est pas neuve. Dans un très intéressant article publié sur le site de l'Association Pharmaceutique Belge, APB, Anne-Pascale Verschuere note que l'usage du cannabis à cette fin était assez répandu mais que les effets secondaires ont limité son utilisation. Elle note d'ailleurs que " les études disponibles actuellement sont anecdotiques et les résultats sont inconsistants. Dans une de celles-ci, du THC (ndlr : le composé actif du cannabis) ou un placebo ont été administrés chez 10 patients souffrant de douleurs provoquées par des tumeurs de diverses origines. La réponse antalgique fut prolongée et dose-dépendante (plus la dose est élevée, plus l'effet anti-douleur est important). La prise d'une dose de 5 ou de 10 mg de THC ne montra pas de différence statistiquement significative de la sensation douloureuse, contrairement à l'administration de doses plus élevées (15 à 20 mg). Ces posologies élevées furent également responsables d'effets secondaires importants sur le système nerveux central. " On connaît deux autres études qui montrent également l'inefficacité du cannabis mais celles-ci datent des années 70. Depuis cette époque, les progrès dans l'administration des médicaments mais aussi en anesthésie sont tels que l'étude menée à Bordet pourrait donner de tout autre résultat.

On peut se demander pourquoi on a dû attendre si longtemps pour que l'on s'intéresse à cette plante. Il faudra aussi se demander s'il n'est pas difficile d'accepter pour nos civilisations qu'une plante, à peine légalisée, puisse servir de médicaments…
Site Fédération Belge contre le Cancer

Article publié par le 07/10/2002 - 23:00

Sources : Institut BordetAssociation Pharmaceutique Belge

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