Cancers ORL : les effets secondaires des traitements

Publié par Fondation ARC pour la recherche sur le Cancer le 28/01/2010 - 01h00
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Les effets secondaires locaux d'un cancer ORL sont lourds car ils vont toucher une région de l’organisme impliquée dans des fonctions naturelles de respiration, d’alimentation et de phonation.

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Conséquences esthétiques et fonctionnelles de la chirurgie

Après une chirurgie de la région ORL, il est transitoirement difficile de s’alimenter normalement. Une alimentation entérale, apportée par une sonde nasogastrique, est généralement mise en place jusqu’à parfaite cicatrisation. Lorsque cela n’est pas possible, une alimentation parentérale (par voie intraveineuse) peut être envisagée.

Par ailleurs, le curage ganglionnaire peut avoir des conséquences sur les nerfs locaux et limiter partiellement la mobilité du bras. Mais la plus grande difficulté est celle des conséquences esthétiques et fonctionnelles à long terme d’une chirurgie.

Cancers de la cavité buccale, des fosses nasales et des sinus

Pour ces tumeurs, la contrainte est forte. L’exérèse de la tumeur nécessite parfois l’amputation d’une partie de la langue, du plancher de la langue, d’une partie de la lèvre, du nez... Les conséquences esthétiques et fonctionnelles (mastication, élocution) peuvent être importantes.

Les techniques chirurgicales ont cependant fait d’importants progrès depuis plusieurs années. Aujourd’hui, il est possible de reconstruire esthétiquement en même temps que l’exérèse. Cette chirurgie réparatrice fait appel à la technique des lambeaux, qui consiste schématiquement à prélever des tissus similaires (os, peau, muscle selon le besoin) dans une autre zone de l’organisme du patient pour combler la partie amputée.

Cancer du larynx et de l’hypopharynx

Dans les suites immédiates d’une laryngectomie totale, des adaptations transitoires sont mises en place : alimentation entérale, aspiration trachéale des mucus produits, port d’une canule maintenant l’orifice respiratoire ouvert ... Les conséquences définitives majeures sont une perte de la voix et une perte de la respiration normale par le nez ou la bouche.

Pour pallier à la perte de la respiration normale, un trachéostome est pratiqué lors de la laryngectomie : un orifice créé au niveau du cou permet d’aboucher directement la trachée à la peau. Le patient ne respire plus par la bouche ou le nez mais à travers cet orifice qui peut, selon les cas, être maintenu transitoirement ou définitivement par une canule trachéale. Concernant la perte de la faculté de parler, plusieurs solutions sont envisageables pour recouvrer une voix acceptable. Enfin, le recours à une chimiothérapie d’induction permet aux patients répondeurs d’éviter l’exérèse chirurgicale mutilante.

Cancer de l’oropharynx

La pharyngectomie expose à un risque de fausse route, de troubles de la déglutition ou de la perte phonation selon la zone opérée. Dans les cancers avancés, une bucco-pharyngectomie est nécessaire : elle englobe le pharynx, une partie de la mâchoire et, par conséquent, des dents. Les conséquences sont multiples : modification de l’aspect physique, gêne à la mastication, à la déglutition et à la phonation.

Publié par Fondation ARC pour la recherche sur le Cancer le 28/01/2010 - 01h00
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