Cancer du foie : les traitements

Publié par Fondation ARC pour la recherche sur le Cancer le 25/01/2010 - 01h00
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Lorsqu’ils sont diagnostiqués à un stade précoce, les cancers du foie peuvent être traités par chirurgie (greffe de foie ou ablation de la tumeur) ou détruits par voie cutanée (alcoolisation, radiofréquence).

Lorsque le cancer est plus évolué, les traitements utilisés sont la chimiothérapie et les thérapies ciblées.

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Cancer du foie : les symptômes

Le choix du traitement d’un cancer du foie est fait selon plusieurs critères :

  • le nombre et la taille de tumeurs présentes dans l’organe,
  • leur localisation,
  • leur éventuelle extension à d’autres organes (présence de métastase),
  • l’état du reste du foie (cirrhose, hypertension portale)
  • et enfin l’état général du malade.

Les traitements de référence sont généralement les suivants :

  • La transplantation hépatique, l'ablation chirurgicale du cancer ou les traitements ablatifs locaux pour les cancers de stade A
  • La chimioembolisation pour les cancers de stade B
  • La chimiothérapie et les thérapies ciblées pour les cancers de stade C
  • Le traitement palliatif pour les cancers de stade D
  • La chirurgie : hépatectomie partielle

Lorsque la tumeur est diagnostiquée à un stade précoce et que sa localisation le permet, une chirurgie peut être proposée.

L’opération consiste à retirer la partie du foie dans laquelle se trouve la tumeur, avec suffisamment de tissu sain pour être sûr de ne pas laisser des cellules cancéreuses en place. Les cellules du foie ayant la capacité naturelle de se multiplier, elles peuvent remplacer le tissu retiré en quelques semaines. Cette capacité est toutefois très diminuée en cas de cirrhose.

Cette opération ne peut être proposée qu’aux patients dont le foie présente une activité normale ou légèrement dégradée. Il faut en effet être sûr que le fonctionnement du foie sera suffisant après l’opération. En pratique, les stades débutants de cirrhose sont compatibles avec l’hépatectomie partielle. En revanche, une insuffisance hépatocellulaire évoluée ne permet pas d’envisager une telle approche thérapeutique.

  • L’opération : l’hépatectomie partielle nécessite en général l’ouverture de la paroi abdominale, mais certaines exérèses peuvent être faites sous cœlioscopie.
  • Après l’opération : le principal risque associé à l’opération est celui de complications liées à la cirrhose. Dans les 5 à 7 jours suivant l’opération, il existe un risque d’insuf­fisance hépatocellulaire. Quelques jours après l’opération, le patient sort des soins intensifs, mais il reste hospitalisé une dizaine de jours supplémentaires. Durant cette période, les soignants contrôlent son bon réta­blissement et s’assurent de la récupération d’un fonctionnement normal de son foie.

La greffe de foie (ou transplantation hépatique)

La transplantation est le traitement de choix du cancer du foie : la greffe supprime en effet le risque de nouvelle localisation cancéreuse, fréquente dans un foie cirrhotique. Le principe est de retirer la totalité du foie pour le remplacer par le foie (complet ou partiel) d’un donneur anonyme.

Cette greffe d’organe est une opération lourde qui nécessite une préparation rigoureuse, qui possède des risques importants et qui demande ensuite un traitement médicamenteux à vie. Elle donne cependant d’excellents résultats.

En pratique, elle est malheureusement rarement réalisable, du fait des règles actuelles d'attribution des greffons : la longue attente est peu compatible avec un cancer.

  • La greffe : l’opération est délicate car elle demande une parfaite coordination entre l’équipe en charge du prélèvement du greffon et celle en charge de la greffe proprement dite. L’opération a lieu sous anesthésie générale et dure souvent 5 à 7 heures. L’abdomen est ouvert juste sous les côtes. La première étape est celle du retrait du foie malade. Ensuite, le greffon est mis en place. Le chirurgien reconnecte les vaisseaux sanguins et les voies biliaires entre le greffon et le patient.
  • Après la greffe : quelques jours après l’opération, le patient sort des soins intensifs pour être hospitalisé 2 à 4 semaines supplémentaires. Parmi tous les paramètres de surveillance, l’un des plus importants est celui du risque de rejet de la greffe : il est dû aux mécanismes de défense de l’organis­me contre le corps étranger que cons­titue le greffon. Il existe un risque aigu durant les tous premiers jours suivant la transplantation, mais aussi un risque chronique à vie. Pour le limiter, le malade reçoit un traitement antirejet : il s’agit de médicamentsimmunosuppresseurs qui permettent de limiter la réaction de l’immunité contre le greffon. Ils sont débutés quelques jours avant l’opération. Ils sont ensuite adaptés au fil des jours et maintenus à vie.

Parfois, des signes cliniques ou bio­logiques peuvent faire suspecter un éventuel rejet : fièvre, hypertension artérielle, hépatomégalie (foie volumineux), ascite, ictère... Des exa­mens complémentaires sont alors réalisés (analyse de sang, imagerie). Si le rejet est confirmé, le traitement immunosuppresseur peut parfois être augmenté.

Dans d’autres cas, une nouvelle greffe est réalisée en urgence.

 

Publié par Fondation ARC pour la recherche sur le Cancer le 25/01/2010 - 01h00
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