Cancer du foie : le diagnostic

Publié par Fondation ARC pour la recherche sur le Cancer le 25/01/2010 - 01h00
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Chez les personnes souffrant d’une cirrhose, un suivi médical régulier permet la détection précoce d’un cancer du foie.

En l’absence de cette pathologie, le diagnostic est souvent tardif car les symptômes n’apparaissent souvent que lorsque le cancer est évolué.

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Cancer du foie : les symptômes

L’hépatocarcinome se développe souvent silencieusement. Au départ, la maladie n’entraîne pas de symptômes.

Petit à petit, les personnes ont moins d’appétit et se sentent fatiguées. Elles maigrissent, souffrent de nausées ou de vomissements. Des douleurs dans la région du foie, de la fièvre, un ictère (ou jaunisse) ou un abdomen gonflé par la présence de liquide (ascite), une hémorragie digestive, peuvent pousser les malades à consulter. Mais la tumeur est alors déjà évoluée.

Ce cancer peut aussi être suspecté après un bilan médical : la découverte d’une anomalie lors d’analyse de sang, d’échographie abdominale, ou de métastases osseuses ou pulmonaires… peuvent révéler une tumeur hépatique.

Pour les patients atteints d’une cirrhose du foie connue, un suivi régulier est mis en place. Il repose essentiel­lement sur un bilan clinique et échographique régulier du foie. C’est donc à l’occasion d’un de ces examens que le cancer peut être découvert.

 

Cancer du foie : les étapes du diagnostic

  • L’examen clinique : le médecin peut repérer une augmentation de volume du foie (hépatomégalie) en palpant l’abdomen de son patient. Il est aussi attentif aux signes de douleurs locales, d’ictère ou d’ascite. Pour compléter l’examen, les antécédents personnels du patient sont précisés.
  • Le bilan biologique : afin de vérifier chaque fonction du foie, un bilan sanguin est réalisé. Il permet de doser les différents composés produits par l’organe. Un dosage des marqueurs tumoraux peut aussi être prescrit : ces composés sont synthétisés par les cellules cancéreuses. Le seul marqueur reconnu dans le cas du cancer du foie est l’alfa-foetoprotéine (AFP). En pratique, lorsque le taux d'AFP est supérieur à 250 ng/ml, deux diag­nostics sont possibles : un cancer primitif du foie ou certaines tumeurs du testicule (tératome). Cependant, un taux modé­rément élevé d’AFP ne permet pas de porter le diagnostic d’hépato­carcinome : d’autres maladies – malignes ou bénignes – peuvent en effet augmenter la concentration de ce composé de manière modérée. Par ailleurs, le taux d'AFP reste normal dans la moitié des cas de cancers du foie.
  • L’imagerie : l’échographie est le premier examen d’imagerie réalisé. Si une anomalie apparaît sur l’image, il faut la caractériser. Pour cela, on réalise un scanner (ou TDM) ou une imagerie par résonance magnétique (IRM). Ces techniques permettent de mieux observer l’aspect des anomalies découvertes à l’échographie et, le plus souvent, de différencier un cancer primitif du foie d'un cancer secondaire ou de nodules non cancéreux (bénins). Ces deux examens sont réalisés après avoir injecté un produit de contraste qui permet de mieux caractériser la lésion. Plusieurs situations peuvent se présenter : Si les nodules sont petits (bénigne ou maline). Il est alors recommandé de reproduire le même examen trois mois plus tard, pour observer leur évolution et orienter le diagnostic. Si les nodules sont gros (>3 cm de diamètre) et/ou nombreux, le diagnostic de cancer primitif peut être écarté ou confirmé dans la plupart des cas. Lorsque les nodules sont de taille intermédiaire, il est parfois difficile de poser le diagnostic avec certitude. Si l’IRM n'apporte pas de certitude et si l'AFP n'est pas augmentée une biopsie hépatique est pratiquée.
  • La biopsie : dans de nombreux types de cancer, le prélèvement d’un échantillon du tissu anormal – ou biopsie – est nécessaire pour confirmer le diagnostic. Mais dans le cas du foie, la biopsie n’est plus réalisée en première intention car l'imagerie ou le dosage de l'AFP permet de poser le diagnostic. La biopsie est donc réservée aux patients présentant une anomalie qui n’a pu être suffisamment bien caractérisée par tous les autres examens. La biopsie hépatique est réalisée sous anesthésie locale, avec une aiguille fine. Le prélèvement est guidé par échographie. À l’issue de l’intervention, plusieurs heures de surveillance sont planifiées pour soulager une éventuelle douleur et surveiller le risque hémorragique. La surveillance peut se dérouler sur la journée, mais peut parfois demander jusqu’à 24 heures.

Publié par Fondation ARC pour la recherche sur le Cancer le 25/01/2010 - 01h00
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