Cancer cutané : l'espoir d'un gène

Publié par Isabelle Eustache, journaliste Santé le 01/07/2002 - 00h00
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Un gène impliqué dans le mélanome, le plus grave cancer de la peau, vient d'être identifié. Il offre une piste intéressante dans la mise au point de nouveaux médicaments.

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Identifier le gène BRAF responsable

En identifiant un gène impliqué dans près de 70% des mélanomes malins (cancers de la peau les plus graves), une équipe de chercheurs britanniques ouvre de nouvelles perspectives de traitements.A l'origine, l'étude portait sur plusieurs familles de gènes ("noms de code " : RAS, RAF, MEK, ERK…) toutes impliquées dans le contrôle de la croissance des cellules. La présence de l'un d'entre eux, le nommé BRAF, a été recherchée dans 15 lignées différentes de cellules cancéreuses (poumon, sein, mélanomes, etc ...). L'existence de mutations (modification du code génétique entraînant un vice de développement) sur ce gène BRAF dans ces cellules cancéreuses a ainsi été découverte. Cette mutation a été retrouvée dans 66% des mélanomes, contre 18% dans les cancers colo-rectaux, 11% dans les gliomes (tumeur du système nerveux), et 14% dans les cancers du foie. Par ailleurs, cette mutation, présente préférentiellement dans les mélanomes, a été impliquée dans la formation de la tumeur.

Voici à quoi ressemble un mélanome. Restez prudent si vous constatez un changement dans la présentation d'un de vos points de beauté.

Certaines ressemblances bénéfiques pour l'avenir ?

L'histoire ne s'arrête pas là car le gène BRAF présente de grandes similitudes avec un gène (ABL) déjà connu pour être impliqué dans des formes de leucémies. Or, un médicament, le Glivec, agit spécifiquement sur le gène ABL. Ce nouveau médicament, qui a remporté le Prix Galien de l'innovation thérapeutique, est aujourd'hui employé pour traiter certaines leucémies.

Une telle ressemblance de structure devrait faciliter la découverte d'un traitement dirigé spécifiquement contre les mélanomes.

Rappelons que cette affection est en constante augmentation dans le monde. Elle représente notamment la première cause de mortalité chez les jeunes femmes de 25 à 29 ans.
Site Fédération Belge contre le Cancer
Publié par Isabelle Eustache, journaliste Santé le 01/07/2002 - 00h00 Davies H. et coll., Mutations of the BRAF gene in human cancer. Nature doi:10.1038/nature 00766 (AOP, Published online : 9 June 2002)
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