Cancer du côlon

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Ses symptômes sont assez frustes au début et ne se manifestent que dans les formes avancées, alors qu'on obtient aujourd'hui de nombreuses guérisons quand il est pris en charge assez tôt. D'où l'intérêt d'un dépistage des personnes à risque par la coloscopie, la recherche de sang dans les selles et l'analyse génétique.

Du sang dans les selles ? Une constipation inhabituelle ? Un proche atteint de cancer du côlon ? Autant de raisons de consulter sans attendre et de se faire faire une coloscopie à la recherche d'un cancer.

Les causes réelles du cancer du côlon sont encore mal connues. On sait qu'il y a probablement une conjonction de facteurs génétiques et environnementaux. Une personne qui a dans sa famille quelqu'un atteint d'un cancer du côlon a un risque 35 fois supérieur à la normale de développer un cancer du côlon. Il existe même des cas de cancers "familiaux". Il s'agit de familles présentant des polypes multiples du côlon (polypose familiale) ou des cas de cancers multiples pouvant toucher d'autres organes que le côlon. Toutefois, dans la majorité des cas de cancer, on ne trouve pas de facteur familial, ce qui laisse penser que d'autres facteurs entrent en compte, notamment l'alimentation et le mode de vie. Si on connaît mal quelles sont les substances qui peuvent induire le cancer du côlon, on commence à mieux cerner celles qui seraient protectrices. Il y a tout d'abord les fibres alimentaires, que l'on trouve dans les fruits, les légumes verts et les céréales. Leur action serait due surtout à la régulation du transit qu'elles entraînent. On trouve ensuite les légumes dits "crucifères" comme le choux, le brocoli, le choux de Bruxelles. Les thio-éthers sont des substances qui seraient protectrices et que l'on trouve dans l'ail et l'oignon, ainsi que les terpènes (dans les agrumes), les phénols végétaux (raisins, fraises, pommes), les caroténoïdes (carottes, pastèques). Il serait également possible que les vitamines (A, C, E) aient un effet protecteur mais aucune étude ne permet de recommander une supplémentation dans l'alimentation. Les folates (vitamine B9) sont dans le même cas. Des études animales ont également montré le rôle des oméga3 que l'on trouve dans les huiles de poisson. Des études cette fois sur l'homme ont montré le rôle protecteur probable de l'aspirine et des anti-inflammatoires non stéroïdiens. Les doses précises ne sont pas connues, ni les mécanismes d'action et il serait dangereux de prendre ces substances sans recommandations ou contrôle médical. Enfin, l'obésité est à elle seule un facteur de risque car elle cumule l'ingestion de graisse et la baisse d'activité physique qui favorisent le cancer du côlon.

  • Manger des fruits et des légumes et avoir une activité physique régulière permettent de diminuer le risque d'apparition d'un cancer du côlon.
  • Consulter un médecin en cas de constipation inhabituelle ou en cas de saignement anal.
  • Faire une coloscopie de dépistage à partir de 45 ans si un parent au premier degré a été atteint d'un cancer du côlon après 55 ans ou 10 ans avant l'âge d'apparition du cancer chez ce parent s'il l'a eu avant 55 ans.

Schématiquement, le cancer du côlon peut donner deux sortes de symptômes : des saignements par l'anus et une occlusion intestinale. Les saignements peuvent être d'abondance variable et accompagnent en général les selles. Ils peuvent parfois être invisibles et provoquer progressivement une anémie. Tout saignement anal n'est pas un cancer du côlon, mais il ne faut pas se contenter d'un diagnostic d'hémorroïdes banales ou de fissure anale et rechercher systématiquement un cancer du côlon. L'occlusion intestinale est en général un phénomène progressif causé par le rétrécissement de la lumière intestinale (le diamètre interne) par la tumeur. Il n'est pas rare que cela commence comme une constipation banale. Toute constipation récente dont la cause n'est pas évidente doit donc conduire à rechercher un cancer du côlon. Il faut également consulter quand un parent au premier degré a présenté un cancer du côlon, afin d'en faire le dépistage pour soi-même. L'intérêt est de rechercher des polypes qui sont bénins afin de les enlever avant qu'ils ne se transforment en cancer.

La coloscopie est l'examen de base pour le diagnostic du cancer du côlon. Il s'agit d'un examen endoscopique, c'est-à-dire passant par les voies naturelles qui se fait à l'aide d'un tube souple de 12 mm de diamètre appelé coloscope au bout duquel se trouve une caméra. Le gastro-entérologue qui réalise l'examen peut manipuler et orienter le coloscope par une poignée externe. Il peut ainsi voir l'intérieur du côlon, mais également faire des prélèvements pour analyse ou enlever un polype avant qu'il ne devienne cancéreux. Cet examen se fait habituellement sous anesthésie générale quand l'examen du côlon est complet, ou sans anesthésie quand on n'explore qu'une partie du côlon. Le gastro-entérologue peut-être amené à faire des prélèvements sur les lésions suspectes qui seront ensuite analysés pour savoir si les tissus prélevés sont bénins ou malins (ou entre les deux). Quand chez certaines personnes très fragiles, une coloscopie est contre-indiquée, on peut alors faire une radio du côlon en injectant un produit opaque par lavement. Cet examen ne permet pas de voir correctement les petits cancers. Il peut être également demandé par le chirurgien qui veut connaître la forme et la situation du côlon avant la chirurgie. D'autres examens sont faits quand le diagnostic de cancer a été établi, comme une échographie du foie et une radio pulmonaire qui permettent de rechercher des métastases au foie ou au poumon. Des marqueurs tumoraux sont également prélevés. Ces substances sont sécrétées par les tumeurs et leur dosage répété au cours de la surveillance au long terme permet parfois de prédire une récidive du cancer.

Lorsque le diagnostic de cancer du côlon est établi, le traitement de base est la chirurgie. Il s'agit d'enlever la tumeur et les ganglions afférents soit pour guérir en une fois le cancer si celui est strictement limité au côlon, soit pour empêcher que ne surviennent des complications comme une occlusion intestinale ou une hémorragie. Cette chirurgie est pratiquée couramment par la plupart des chirurgiens digestifs et viscéraux. Elle consiste en l'ablation du segment de côlon qui contient la tumeur ainsi que des ganglions satellites (c'est ce qu'on appelle un curage). Une fois une partie du côlon enlevée, le chirurgien recoud les deux segments restant (c'est ce qu'on appelle une anastomose). Dans certains cas où les tissus sont de mauvaise qualité risquant de compromettre la cicatrisation de l'anastomose, le chirurgien place en amont un anus artificiel temporaire (6 à 8 semaines) pour dériver les matières le temps que la cicatrisation se fasse. La continuité est rétablie par une deuxième opération chirurgicale. Lorsqu'il existe des métastases du foie ou des poumons qui peuvent être enlevées chirurgicalement, cette intervention est en général proposée dans un deuxième temps. (Le cumul de la chirurgie colique et de la chirurgie du foie ou du poumon risquant d'être trop lourd et risqué pour une seule intervention) Quand le cancer est strictement limité au côlon, le traitement est terminé et la guérison probable. Une surveillance régulière sera nécessaire pendant plusieurs années. Dans les cas où il existe des métastases ou lorsque des ganglions sont envahis, une chimiothérapie complémentaire est proposée. Les chimiothérapies dites adjuvantes (c'est-à-dire venant en complément de la chirurgie pour sécuriser le geste et détruire les éventuelles cellules cancéreuses résiduelles) sont bien supportées car utilisant des produits peu toxiques à des doses extrêmement calculées. Un traitement adjuvant dure environ six mois et ne nécessite pas d'hospitalisation. Pour pouvoir passer les produits de chimiothérapie, le chirurgien met en place par une petite intervention sous anesthésie locale ou générale un petit boîtier sous-cutané situé en haut du thorax, qui est relié au coeur par un cathéter, ce qui permet d'injecter les produits de chimiothérapie sans passer par les veines du bras en piquant à travers la peau dans le boîtier. D'autres chimiothérapies plus agressives sont proposées lorsqu'il existe des métastases ou en cas de récidive.

Publié par <a href="/taxonomy/term/19135" hreflang="fr">Dr Renaud Guichard</a> le 21/01/2002 - 01h00 Guide familial des maladies publié sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Média, 2001
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