Les grandes buveuses de café feraient mieux de limiter la consommation de leur breuvage préféré à 4 tasses par jour quand elles sont enceintes. Telle est la conclusion d'une étude danoise portant sur 18.478 femmes enceintes.
Comparé aux femmes qui ne boivent pas de café, celles qui consomment 4 à 7 tasses ont 80% de chances de mettre au monde un enfant mort-né, tandis que celles qui en prennent 8 tasses ou plus ont un risque accru de 300%.
On a tenu compte du fait que ce risque accru pouvait aussi être la conséquence du tabagisme de ces femmes. On connaît déjà les effets nocifs du tabac sur le foetus. De même que la consommation d'alcool et d'autres facteurs comme l'âge des mères, leur niveau d'études, le fait qu'elles soient célibataires ou qu'elles travaillent ou non, ainsi que le nombre d'enfants qu'elles ont déjà mis au monde, pouvaient jouer un rôle dans la mortalité intra-utérine.
Les scientifiques ont vérifié dans le groupe de femmes faisant l'objet de leur étude si leurs constatations se vérifiaient avec les femmes buvant du café mais ne fumant pas et ne consommant pas d'alcool. De la même façon, ils ont contrôlé si l'âge, le statut matrimonial, la profession, le poids, le niveau d'études et le nombre d'enfants modifiaient le lien mis en évidence entre la consommation de café pendant la grossesse et la mortalité du foetus.
Compte tenu de tous ces facteurs, le lien entre le café et la mortalité infantile a été suffisamment prouvé: une consommation de café importante (8 tasses ou plus par jour) pendant la grossesse double le risque d'accoucher d'un enfant mort-né.
Parmi les explications possibles à cet effet nocif, il faut citer la constriction des vaisseaux sanguins du placenta sous l'influence de la caféine, ce qui réduit l'apport d'oxygène au foetus. Le café accélère aussi le rythme cardiaque du foetus et peut occasionner de dangereux troubles du rythme cardiaque.
Dr Peter Mareen
15/04/2003
Wisborg K et al. Maternal consumption of coffee during pregnancy and stillbirth and infant death in first year of life: prospective study. British Medical Journal 2003;326:420-422.
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