Burnout parental : signes d’alerte et solutions

Publié par Marion Garteiser, journaliste santé le 22/03/2017 - 16h02
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Vous avez sans doute entendu parler de burnout parental récemment. Derrière l’expression « à la mode » se cache un problème complexe et très douloureux. En parler est le premier pas pour se soigner.

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Derrière le burnout parental il y a un père ou (plus souvent) une mère qui souffre, pas toujours de façon très claire. Quelque chose ne va pas : s’occuper des enfants est devenu un calvaire. On ne peut plus assurer que le service minimum, et encore : parfois les mots ou les gestes deviennent violents… ou au contraire c’est l’indifférence et la négligence qui s’installent. Chaque burnout est différent, mais la cause profonde est toujours la même : des demandes qui dépassent les ressources de l’individu. Un tel déséquilibre peut être supporté pendant un certain temps – qui dépend d’une personne à l’autre – mais s’il perdure, on risque de ne plus pouvoir faire face.

De la fatigue au burnout

Comment faire la différence entre la fatigue et le stress qui peuvent arriver à tous les parents de temps en temps, et un burnout sérieux qui doit être pris en charge ? Trois grands critères ont été définis, explique Moïra Mikolajczak, chercheuse et professeure à la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation de l’Université Catholique de Louvain, co-auteur du livre « Le burn-out parental, l’éviter et s’en sortir »*.

  • L’épuisement : c’est une fatigue que rien ne peut effacer, même le repos. « Rien qu’à penser à sa journée, on est déjà au bout du rouleau » explique Moïra Mikolajczak.
  • La distanciation : « mécanisme de défense contre l’épuisement, la distanciation empêche de s’impliquer affectivement. On fait les choses de façon automatique, sans vraiment considérer ses enfants en tant qu’êtres humains ».
  • La perte d’efficacité : Conséquence logique, on finit effectivement par devenir de moins bons parents. « Le burnout peut entraîner de la négligence parce que même le minimum à faire pour s’occuper de ses enfants semble être trop. A l’inverse, certains parents basculent dans l’hyperréactivité, avec des explosions d’agressivité pour rien, voire de la violence » illustre Moïra Mikolajczak.
  • L’épanouissement en tant que parent a complètement disparu. Ce n’est pas seulement que l’on n’est pas très content de ce que l’on fait en tant que parent ; le fait même d’avoir des enfants n’apporte plus le moindre plaisir.

Que faire en cas de burnout parental ?

Le burnout parental peut aller loin, jusqu’à des pensées suicidaires ou des envies de disparaître sans laisser d’adresse, voire de faire du mal à ses enfants. Il faut dire qu’à la différence du burnout professionnel, que l’on connaît généralement mieux, « il n’est pas possible de changer d’enfants, ou de démissionner de la parentalité. Ni même de prendre un congé maladie de ses enfants. Lorsque les parents viennent consulter, ils sont donc au bout d’un processus long et douloureux, et parfois dans une détresse très importante » témoigne Moïra Mikolajczak.

Si vous ressentez des idées suicidaires, que vous sentez que vous pourriez vous mettre en danger ou menacer la sécurité de ceux qui vous entourent, n’hésitez jamais à appeler un médecin, voire les urgences.

Publié par Marion Garteiser, journaliste santé le 22/03/2017 - 16h02

Moïra Mikolajczak, chercheuse et professeure à la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation de l’Université Catholique de Louvain, co-auteur du livre « Le burn-out parental, l’éviter et s’en sortir »

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