La BPCO, trop souvent dépistée trop tard

Mise à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 25/04/2017 - 15h27
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La BPCO (pour bronchopneumopathie chronique obstructive) sera la troisième cause de mortalité mondiale dans les décennies à venir. Cette maladie pulmonaire a la particularité de rester silencieuse pendant de longues années. Et lorsque les symptômes apparaissent, la capacité respiratoire est déjà fortement altérée de façon irréversible. Seul un dépistage précoce permet d’éviter l’entrée dans la maladie et l’insuffisance respiratoire chronique.

Le Dr Philippe Serrier, pneumologue à Paris à l’hôpital Cochin, nous explique pourquoi tant de personnes sont dépistées trop tard et comment améliorer cette situation.

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BPCO : agir en amont, avant qu’il ne soit trop tard

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie qui se manifeste très tardivement par des symptômes. « L’enjeu est d’arriver à dépister les personnes à risque avant que les symptômes ne se manifestent, car une fois présents, la fonction respiratoire est déjà altérée d’environ 50%, explique le Dr Philippe Serrier. Ce dépistage doit cibler tous les patients à risque. » Les principaux facteurs de risque sont le tabac et le cannabis. Ils sont à l’origine d’environ 80% des BPCO. Les autres cas sont liés à des expositions professionnelles (métiers à haut risque d’empoussièrement, certains métiers agricoles comme l’élevage de porc et la laiterie, l’industrie du coton…), avec un chevauchement possible (un fumeur exerçant un métier à risque).

Agir en amont permet de proposer un sevrage tabagique ou d’alerter le médecin du travail.

Pourquoi les personnes concernées ne sont-elles pas dépistées plus tôt ?

Actuellement, seules 25% des BPCO sont diagnostiquées lorsque les symptômes sont encore discrets.

Dr Serrier : « Il faut bien comprendre que les personnes concernées ne se rendent pas vraiment compte de la baisse de leur capacité respiratoire. Ils adaptent inconsciemment leur vie en réduisant insensiblement leurs activités, en utilisant davantage les transports au lieu de marcher, en réduisant leur vitesse de marche, etc. Au fur et à mesure de la progression de la maladie, la qualité de vie se dégrade fortement. Cette maladie est aussi souvent accompagnée d’autres  pathologies, directement ou indirectement associées à la cause de la bronchopneumopathie, notamment au tabagisme. » C’est ainsi que les personnes touchées par la BPCO sont aussi souvent atteintes d’une maladie cardiovasculaire, d’un diabète, d’un syndrome d’apnées du sommeil, d’ostéoporose ou d’un cancer bronchopulmonaire. « La dépression fait aussi partie des ces maladies associées et explique pourquoi en cas de BPCO, les personnes emploient les mots de la dépression plutôt que ceux de l’essoufflement quand elles s’expriment ».

Initialement publié par Isabelle Eustache, journaliste Santé le 10/02/2016 - 15h11 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 25/04/2017 - 15h27

En collaboration avec le Dr Philippe Serrier, pneumologue, service de Pneumologie au sein de l’AP-HP Groupe hospitalier Cochin (Paris).

 

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