La BPCO, trop souvent dépistée trop tard

Mise à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 25/04/2017 - 15h27
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Quels sont les symptômes évocateurs d’une BPCO ?

Le principal symptôme de la BPCO est l’essoufflement. Mais « il se quantifie très mal et il est difficile à décrypter lorsque l’on interroge le patient. Il s’évalue alors en fonction de la vitesse de marche et du nombre d’étages que l’on peut monter, indique le Dr Philippe Serrier. D’autres symptômes sont souvent associés à la BPCO : une toux chronique, des expectorations (crachats) et une obstruction chronique des voies respiratoires avec baisse du débit expiratoire (expiration courte). »

Sur quoi repose le traitement ?

Le meilleur traitement est le sevrage tabagique et du cannabis. Très rapidement, la fonction respiratoire cesse de se dégrader pour rejoindre le déclin normal de la respiration lié à l’âge.

Mais le sevrage ne permet pas d’améliorer ce qui a été perdu, ou vraiment très peu.

Le traitement repose sur les bronchodilatateurs. La baisse du débit respiratoire est peu sensible à ces médicaments, à la différence de l’asthme où l’obstruction des bronches est réversible. Mais ils sont utilisés, car ils agissent sur d’autres paramètres et sur l’amélioration de la tolérance à l’effort. Dans les formes plus sévères, ils sont associés aux corticoïdes inhalés.

En cas de suspicion d’infection bactérienne, on recourt parfois à des antibiotiques. La cortisone peut rendre quelques services en traitement court dans les exacerbations de la maladie.

La récupération des exacerbations est très lente, sur plusieurs mois, mais parfois sans retour à l’état basal antérieur. « Les exacerbations, souvent liées à des infections virales ou bactériennes, représentent un facteur de gravité et déterminant de la prise en charge ».

Enfin, dans les formes graves, la mise sous oxygène est indispensable pour diminuer la mortalité et améliorer la qualité de vie.

Le Dr Serrier indique par ailleurs que la vaccination contre la grippe est vivement recommandée, car l’immunisation diminue la mortalité liée à la BPCO. Celle contre le pneumocoque peut aussi être conseillée dans les formes graves.

Que retenir en pratique 
« Tout sujet à risque (a minima tous les fumeurs), même sans plainte respiratoire, doit en parler à son médecin. Celui-ci procèdera à un dépistage ou adressera son patient à un pneumologue. Bien évidemment, cette démarche s’impose d’autant plus en présence de signes respiratoires (toux, crachats, essoufflement à l’effort), mais c’est avant les signes que le dépistage prend toute sa valeur. Quant à la meilleure prévention, c’est de ne jamais commencer à fumer », conclut Philippe Serrier.

Le saviez-vous ? 
Tous les fumeurs ne sont pas exposés de la même façon à la BPCO. Nous sommes inégaux face aux polluants, tabac y compris. De plus, il existe de nombreuses formes de BPCO : par exemple, certaines surviennent plus typiquement chez des sujets jeunes, se développent très vite et sont graves. D’autres, d’évolution lente, avec peu d’exacerbations, se manifestent davantage chez des sujets plus âgés. Les femmes sont aussi plus vulnérables au tabagisme et à ses conséquences sur la fonction respiratoire, et donc à la BPCO...

Initialement publié par Isabelle Eustache, journaliste Santé le 10/02/2016 - 15h11 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 25/04/2017 - 15h27

En collaboration avec le Dr Philippe Serrier, pneumologue, service de Pneumologie au sein de l’AP-HP Groupe hospitalier Cochin (Paris).

 

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