Boulimie

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L'état d'angoisse créé par ce mouvement irrésistible est calmé par un vomissement induit. Les fringales, qui ne sont pas suivies de vomissements induits, ne font pas partie d'un contexte psychopathologique. Lorsqu'elles sont répétées, elles mènent parfois à l'embonpoint et à l'obésité.

La boulimie est une maladie sérieuse, qui peut entraîner des conséquences graves. Il est important de consulter au plus tôt, si possible avant que les habitudes ne soient profondément ancrées.

La majorité des personnes souffrant de boulimie sont des femmes, sans que l'on sache pourquoi, qui reconnaissent leur pathologie mais sont incapables d'en sortir. Ces femmes ont souvent de la difficulté à établir des relations humaines et à les maintenir parce qu'elles organisent leur vie en fonction de leur désordre alimentaire.

D'autres phénomènes peuvent être associés à la boulimie :

  • Poids corporel diminué, normal ou excessif Dans les trois cas, le vomissement est un symptôme indissociable. Les personnes souffrant de boulimie qui ont un poids idéal peuvent passer inaperçues, bien qu'elles aient une pathologie grave.


  • Utilisation de diurétiques et/ou de laxatifs L'abus de ces médicaments chez une personne qui vomit est dangereux à cause de la perte de liquides et de l'altération des électrolytes (sodium, potassium, chlore). La déshydratation peut mener à l'hypotension grave et à la mort.


  • Consommation d'alcool ou de drogues (en général en solitaire) Ces produits sont pris dans le but de calmer les crises d'anxiété et d'angoisse. De plus, il y a risque d'hypoglycémie, en particulier lorsque l'alcool est pris en période de jeûne.


  • Dépression Des états dépressifs sont fréquents, de même que les gestes d'automutilation et les tentatives de suicide.


  • Troubles menstruels L'aménorrhée (l'arrêt des menstruations) peut se produire même chez la personne boulimique qui a un poids normal du fait de l'alternance de jeûne et de surconsommation d'aliments. C'est surtout le stress psychique, souvent très important chez ces femmes rarement en paix avec elles-mêmes, qui cause l'aménorrhée. Le risque d'ostéoporose est élevé si l'aménorrhée est prolongée.

Les causes de la boulimie sont nombreuses :

  • Traumatisme psychologique. Une déception amoureuse, une remarque déplaisante sur le corps d'une jeune femme, etc.
  • Manque d'estime de soi. La personne se dévalorise par rapport aux autres.
  • Eléments culturels. Le nombre de personne souffrant d'anorexie et de boulimie est plus élevé dans les sociétés où on privilégie la minceur.
  • Contextes familiaux. Il y a parfois une pathologie familiale, des angoisses, des névroses. Dans certains cas, la famille est indifférente au sort de la personne malade, dans d'autres la famille est étouffante.
  • Troubles psychiatriques. La personne boulimique se voit parfois beaucoup plus grosse qu'elle ne l'est en réalité. Lorsqu'elles ont un poids normal, elle est souvent terrorisée par la possibilité de devenir grosse. Les vomissements, l'utilisation abusive de laxatifs et de diurétiques, l'automutilation, les tentatives de suicide sont des manifestations d'un comportement aberrant. Cette aliénation de la réalité est limitée au domaine de l'alimentation et aux activités qui lui sont reliées. On pourrait la qualifier de monopsychose. Dans certains cas, le comportement, quoique teinté par la maladie, peut paraître normal.

  • Commencer par des améliorations modestes. Plutôt que d'essayer de ne plus jamais vomir, diminuez graduellement la fréquence des vomissements. Écrivez ce que vous avez éprouvé lorsque vous avez réussi à ne pas vomir ou décrivez-le à votre thérapeute.
  • Diminuer la prise de diurétiques ou de laxatifs. Si vous avez l'habitude de prendre ces médicaments, diminuez les doses en procédant par étapes successives.
  • Manger en petites quantités. Mangez peu, très peu même dans certains cas. L'objectif est de dissocier la consommation de nourriture du vomissement qui suit automatiquement.
  • Éviter de vous isoler. Même si cela vous demande beaucoup d'efforts, essayez de sortir de cet état d'introspection pour vous orienter vers des activités externes. Inscrivez-vous à des cours ou à des activités selon vos habiletés et vos goûts. Choisissez des activités de formation ou de loisirs pour entrer en contact avec d'autres personnes au lieu de rester isolé chez vous.
  • Pratiquer la relaxation. La relaxation ou des exercices de détente choisis selon vos goûts peuvent vous aider à réduire le stress.
  • Ne pas garder le réfrigérateur plein de nourriture. Évitez d'acheter des aliments en prévision de vos crises de boulimie. Ne vous facilitez pas l'accès à de grandes quantités de nourriture ou à l'alcool.
  • Ne pas vomir. Même si vous avez une crise de boulimie, essayez de ne pas vomir après avoir mangé.
  • Éviter de prendre de l'alcool en période de jeûne. La consommation d'alcool en période de jeûne est extrêmement dangereuse. Si vous prenez en plus des diurétiques et des laxatifs, le risque de déshydratation et d'hypotension grave pouvant entraîner la mort est très grand.
  • Cesser de vous documenter sur l'alimentation, les régimes, la psychologie. Vous avez probablement beaucoup de connaissances dans ces domaines si vous êtes boulimique. Il est plus important de pratiquer des activités physiques, de rencontrer des personnes que de lire (à moins qu'il ne s'agisse de romans d'aventure !).

  • Vous vous gorgez de grandes quantités de nourriture.
  • Vous provoquez des vomissements après avoir mangé.
  • Vous prenez de grandes quantités de laxatifs et/ou de diurétiques.
  • Vous consommez de l'alcool tout en jeûnant.
  • Vous êtes terrifié(e) à l'idée de prendre du poids au point de vous sentir parfois suicidaire.

Lors de la première rencontre, le médecin vous pose plusieurs questions pour connaître votre comportement alimentaire. Il vérifie la présence de divers symptômes. Il peut demander des prises de sang, vérifier l'état d'hydratation, mesurer votre tension artérielle. Au besoin, il fait un électrocardiogramme pour vérifier la présence de troubles cardiaques dus à des désordres électrolytiques.

Le traitement de la boulimie est un travail de longue haleine avec plusieurs thérapeutes : médecin de famille, travailleur social, diététiste, infirmière, psychiatre, psychologue. Le climat de confiance réciproque entre le thérapeute et la malade, essentiel à la guérison, peut prendre du temps à s'installer. On entreprend un traitement lent et progressif, adapté à chaque personne, fait d'encouragements successifs. Il y a peut-être intérêt à devenir plus autonome vis-à-vis des différents membres de la famille et à élargir le cercle d'amis. Si la dépression est manifeste, on peut recourir à des médicaments antidépresseurs, en choisissant ceux qui ne stimulent pas l'appétit. Une diminution du stress peut favoriser la normalisation des menstruations, quel que soit le poids. Si l'aménorrhée est prolongée, des hormones sexuelles stéroïdiennes de substitution sont parfois nécessaires pour prévenir l'ostéoporose. Malgré la prise en charge de leur boulimie, certaines personnes boulimiques le resteront toute leur vie.

Publié par <a href="/taxonomy/term/19330" hreflang="fr">Dr Eugenio Rasio, Endocrinologue, Centre Hospitalier de l'Université de Montréal, Hôpital Notre-Dame</a> le 06/09/2001 - 02h00 Guide familial des maladies publié sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Média, 2001
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