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Le Botox découvre le sport

Le Botox découvre le sportOn connaissait déjà le Botox comme star des cabinets de soins esthétiques. On l'utilise en effet pour paralyser les petits muscles responsables des rides. Cette opération de "rajeunissement" dure à peine quelques minutes pour un prix très inférieur aux traitements classiques (lifting, collagène, etc.). Bien sûr, cela ne dure pas plus de quelques mois, ce qui ne décourage pas les millions d'hommes et de femmes qui vivent désormais au rythme des injections. Plus récemment, on a également trouvé au Botox des applications en médecine sportive.

Il faut savoir que beaucoup de pathologies du sport sont entretenues par des contractions musculaires parasites. Dans le mal de dos par exemple, l'organisme tente de se protéger face à de nouvelles contraintes et de fixer la zone douloureuse par une contracture musculaire. Malheureusement, celle-ci entretient souvent l'attitude vicieuse. L'action du Botox s'apparente alors à celle des médicaments "myorelaxants". On l'a aussi essayé dans le cas d'un syndrome pyramidal, d'un tennis-elbow récalcitrant ou pour une aponévrosite plantaire.

Attention danger

Drôle de destin que celui de ce produit à base d'une protéine, la toxine botulique, qui appartient, en réalité, à la catégorie des poisons. C'est même le plus puissant des poisons connus! Pour donner une idée de sa toxicité, sachez qu'un cheval qui boirait l'eau d'une piscine dans laquelle on aurait dilué la contenance d'un dé à coudre de Botox tomberait aussitôt raide mort! Pendant des siècles, les gens s'empoisonnaient ainsi avec des aliments mal conservés dans lesquels proliférait une bactérie (Clostridium botulinum) responsable de la libération du poison. Comme il s'agissait souvent de charcuteries, la maladie fut appelée "botulisme" d'après le latin "botulus" qui signifie "petite saucisse". A notre époque, les progrès conjoints de l'industrie agroalimentaire et de la médecine ont permis d'éloigner le danger et l'on s'est mis alors à utiliser la toxine botulique à des fins thérapeutiques. En l'injectant à doses infimes sous la peau, le Botox permet de lever des contractions musculaires parasites. On l'a essayé dans des problèmes de torticolis, de migraine ou de strabisme. C'est d'ailleurs un traitement en ophtalmologie qui a permis de faire l'observation qui allait révolutionner son usage. Les médecins ont en effet constaté que des injections autour de l'Œil avaient également pour effet d'effacer les rides du patient. Aujourd'hui, quelque dix ans plus tard, le Botox est sans rival sur le marché de la chirurgie esthétique. Réussira-t-il le même tour de force en traumatologie sportive? Rien n'est moins sûr. Certes, les premiers résultats sont plutôt encourageants avec une amélioration significative des symptômes dans 30 à 50% des cas. Mais on doit tenir compte aussi des effets secondaires. Et ne jamais oublier qu'on manipule un poison violent et qu'une erreur sur le site d'injection ou dans le dosage peut avoir des conséquences catastrophiques. Lorsqu'il s'agit d'effacer une ride sur le front, le risque se limite à un sourcil en accent circonflexe ou à une paupière qui, pendant quelques mois, tombera sur l'Œil. Mais pour un pied, une hanche ou un coude, l'addition est nettement plus lourde.

Mis à jour par Gilles Goetghebuer, journaliste santé, avec l'aide du Dr. Christian Daulouède le 24/04/2007
Créé initialement par le 20/04/2007

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