Une bonne leçon sur les médias, les médicaments et la santé…

Article créé le 06/05/2013 - 12h12 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 06/05/2013 - 12h12
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Un buzz en deux parties, un enfant malade et un médicament hors de prix. La semaine dernière a fourni une jolie étude de cas sur les rapports entre politiques, médias et firmes pharmaceutiques…

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Un buzz en deux parties

Au début, c'est l'histoire de Viktor. Un mignon gamin qui souffre d'une maladie qui met sa vie en danger, mais peut être soignée... grâce à un médicament cher. Pas un peu cher, non, vraiment très cher : 18000 euros par mois, pour deux injections. La maladie n'est pas seulement dangereuse, elle est aussi très rare : une quinzaine de personnes touchées en Belgique. À l'heure actuelle, la commission de remboursement des médicaments de l'INAMI a rendu un avis négatif : le précieux traitement coûte trop cher pour que l'État belge le prenne en charge. Il faut donc convaincre la ministre d'autoriser le remboursement du médicament !

Mais quelques jours après, révélation : si nous avons rencontré Viktor par l'intermédiaire de nos journaux et autres médias, c'est parce que ses parents ont été contactés par la firme pharmaceutique qui fabrique le médicament en question. Avec un objectif : médiatiser le débat à travers Viktor pour faire pression sur le gouvernement. Des négociations sont en effet en cours pour tenter de déterminer un prix pour le médicament qui serait assez bas pour que le remboursement soit autorisé… 

Difficile de tirer des leçons de l'affaire…

Le sentiment de malaise face à cette situation est d'autant plus prononcé qu'il est impossible de pointer un coupable, un "méchant" qu'il faudrait dénoncer pour résoudre le problème et garder la conscience tranquille. Le gouvernement ? Il faisait en fait son travail dans une période où tout le monde est conscient qu'il faut faire attention au budget. La firme pharmaceutique ? Elle a mis au point un traitement révolutionnaire grâce à des recherches sans doute longues et coûteuses, un travail qui mérite d'être payé, mais n'est applicable qu'à quelques patients. Les parents ? Ils ont fait ce qu'ils pouvaient pour accéder au médicament, et ils ont eu raison.

Il y a pourtant bien une leçon à tirer : c'est que la santé publique est une affaire compliquée, délicate, et qui demande avant tout de la nuance. Quand il s'agit de concilier des impératifs budgétaires stricts avec la vie de patients bien réels et dont les vies sont en jeu. Les titres et articles excessifs devraient donc toujours nous inspirer la méfiance !

Billet initialement publié le 06/05/2013 - 12h12 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 06/05/2013 - 12h12
Ce billet fait partie du blog : Le blog de la Rédaction
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