Bien s'alimenter : une règle pour la sportive !

Publié par Adaptation Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 13/01/2002 - 00h00
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Nombre d'athlètes féminines suivant des programmes d'entraînement intensif souffrent de troubles des règles. Il semblerait qu'une alimentation insuffisante, ne permettant pas de compenser les dépenses physiques, soit en cause.

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Des troubles des règles chez les jeunes filles pratiquant des exercices physiques intensifs sont fréquemment observés. Il s'agit souvent d'une diminution du volume et de la durée des règles (oligoménorrhée), voire d'une absence de règles (aménorrhée).Durant les 20 dernières années, nombre d'études ont étudié ce phénomène afin de définir les causes et les mécanismes de ce dysfonctionnement lié à l'exercice sportif. Le stress physique de l'exercice, le stress psychologique de la compétition, un déficit nutritionnel et une diminution de la masse grasse ont déjà été suggérés.

Chez tous les primates ?

Une analyse publiée récemment a été réalisée non pas chez de jeunes athlètes, mais sur un modèle de singe qui développe graduellement une aménorrhée plus l'exercice quotidien est important. Le but de cet essai était de vérifier d'hypothèse suivante : l'apparition des troubles des règles pourrait être due à une balance énergétique négative, c'est-à-dire que l'énergie apportée par l'alimentation est insuffisante pour compenser les dépenses énergiques liées à la pratique des exercices physiques.Les animaux, soumis à une activité croissante, ont été victimes d'aménorrhée. Suivant un régime alimentaire constant, seule la moitié d'entre eux ont recu des calories supplémentaires. Dans ce groupe supplémenté, les singes ont tous rétabli un cycle ovulatoire normal dans les 12 à 57 jours. La rapidité de récupération du cycle hormonal est proportionnelle à la quantité d'énergie supplémentaire consommée.

Manger assez !

Ces données tendent à montrer qu'une alimentation insuffisante, par rapport aux exercices physiques pratiqués, joue un rôle très important dans le développement de l'aménorrhée des jeunes sportives. On sait d'ailleurs bien que dans un tout autre contexte, les jeunes filles anorexiques présentent elles aussi des perturbations du cycle menstruel.Il est donc important de veiller à bien se nourrir lorsque l'on suit un entraînement intensif ou lorsque l'on pratique un sport en général. Les besoins de l'organisme sont systématiquement majorés chez une personne faisant du sport. Il faut donc compenser de facon adéquate toutes dépenses énergétiques. Le concours de votre médecin traitant ou d'un diététicien-nutritionniste peut, dans ce contexte, s'avérer extrêmement utile.

Publié par Adaptation Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 13/01/2002 - 00h00 Williams N.I. et coll., J. Clin. Endocrinol. Metab., 86 : 5184-5193, 2001. Cours de nutrition, Pr E Sokal in site
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