Le Belge carencé en iode ?

Publié par Nicolas Rousseau, diététicien nutritionniste le 30/12/2003 - 00h00
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La déficience iodée est une réalité en Belgique depuis plusieurs années. Une habitude très simple permet déjà d'en réduire les frais : l'utilisation du sel iodé à table.

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L'iode est un composant essentiel des hormones thyroïdiennes. Celles-ci exercent une action régulatrice sur le métabolisme de la plupart des cellules de l'organisme. Elles jouent de plus un rôle capital dans la période critique de développement du cerveau, au cours de la vie fŒtale et des deux à trois premières années de la vie.

Un problème mondial

A l'occasion du récent symposium de l'Institut Danone, le Prof. Francois Delange (CHU Saint-Pierre, Bruxelles) a à nouveau attiré l'attention sur l'ampleur du problème. L'apport journalier recommandé en iode par l'OMS et l'UNICEF est de 150 mcg chez l'adolescent et l'adulte, mais grimpe à 200 mcg chez la femme enceinte et allaitante. Il est plus faible chez l'enfant et le nouveau-né. Dans la pratique, les apports quotidiens en iode ne sont pas couverts chez une large frange de la population. La carence iodée constitue un vrai problème de santé publique à l'échelle de la planète puisqu'elle atteint près de 130 pays, y compris en Europe, pour une population totale estimée à 2.2 milliards d'individus !

Principales victimes : les enfants et la femme enceinte

Une insuffisance en iode entraîne une série de troubles dus à un dysfonctionnement de la glande thyroïde dont le plus important est un retard irréversible du développent neurologique et intellectuel du jeune enfant.La femme enceinte paie aussi un lourd tribut au manque d'iode dans son alimentation (90 % des femmes enceintes ont des apports largement insuffisants), car la thyroxine maternelle (la principale hormone thyroïdienne) traverse le placenta et constitue la source prioritaire d'hormones thyroïdiennes du fŒtus. L'hypothyroxinémie (l'insuffisance de thyroxine) gravidique est susceptible d'entraver sérieusement le développement de l'enfant. Ces anomalies sont parfaitement évitables par une supplémentation en iode durant la grossesse et via l'alimentation (on l'oublie trop souvent).

Publié par Nicolas Rousseau, diététicien nutritionniste le 30/12/2003 - 00h00 Symposium " La nutrition en oligo-éléments en Belgique - Données récentes ", organisé par l'Institut Danone, Bruxelles le 18/10/2003.
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