Les petites scolioses sont extrêmement fréquentes au cours de la croissance, surtout lors de la poussée pubertaire. On ne le sait pas forcément, mais le sport peut aider la colonne à retrouver une plus grande rectitude.
Les scolioses, déviations de la colonne vertébrale vers la gauche ou vers la droite, concernent environ 7% des adolescents qui grandissent légèrement de travers comme les plantes en pot sur les bords de fenêtre. Dans la plupart des cas, il n'y pas lieu de s'inquiéter. Les vertèbres se remettront d'aplomb avec le temps. On conseillera seulement de faire un peu de sport pour renforcer les muscles érecteurs de la colonne vertébrale. Peu importe la discipline. Autrefois, on déconseillait les exercices asymétriques comme le tennis ou le hockey. Aujourd'hui, on est revenu de ces anciens préjugés. Car une scoliose n'est pour ainsi dire jamais la conséquence d'un geste ou d'une attitude particulière comme on le croyait précédemment.
Les petites scolioses sont donc assez faciles à redresser. Plus embêtant, il arrive que le rachis se déforme dans les trois plans de l'espace. Les vertèbres ne sont plus alignées verticalement les unes sur les autres. Elles filent sur le côté et s'engagent en outre dans un mouvement de rotation. A la longue, cela risque de poser de graves problèmes de santé: usures discales, difficultés respiratoires et formation d'une "bosse" -en langage médical, on parle de gibbosité- qui dessine au fil du temps une silhouette à la Quasimodo. Dans le temps, chaque village possédait son bossu que l'on représentait souvent comme un être simple ou malfaisant. Aujourd'hui, des malformations aussi spectaculaires sont devenues très rares, grâce notamment aux progrès en matière de dépistage. Ainsi, une simple prise de sang suffit à donner des indications très précieuses sur les déviations à venir (dosage de la calmoduline) et sur la croissance (phosphatases alcalines). On peut alors décider de l'opportunité d'une thérapie sur base d'informations de plus en plus précises. Pour les cas les plus préoccupants, on peut recourir à différents traitements comme l'opération (rare) ou la pose d'un corset (plus fréquent). Ceci dit, il reste une part de mystère face à cette spectaculaire régression des scolioses. Est-ce une question d'alimentation? De mode de vie? Toutes les pistes sont explorées. Même la correction systématique des problèmes de vision par le port de lunette ou de lentilles de contact a été évoquée comme explication. Il semble en effet que la mauvaise orientation de la colonne puisse parfois trouver son origine dans un désaccord entre les informations visuelles et vestibulaires (en provenance de l'oreille interne). Cela expliquerait notamment pourquoi les malvoyants font beaucoup plus de scolioses que la moyenne, alors que les aveugles de naissance n'en font quasiment jamais. La croissance recèle décidément bien des mystères.
Gilles Goetghebuer, journaliste santé
24/08/2009
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