Basedow (maladie de Basedow)

PUB

La maladie de Basedow touche la glande thyroïde et les yeux, parfois de façon spectaculaire. Son traitement est controversé, les Européens et les Américains n'étant pas en accord sur la meilleure façon de traiter la thyroïde : iode radioactif ou chirurgie ?

La maladie de Basedow fait partie d'une grande famille de maladies qu'on appelle /*979/"auto-immunes"/*/. Ces pathologies sont dues à un dérèglement de l'immunité qui n'attaque plus seulement les éléments pathogènes étrangers à l'organisme (comme les virus par exemple), mais également les propres tissus de l'organisme, en sécrétant des anticorps contre eux. On n'en connaît pas encore bien les mécanismes, mais on sait déjà que l'hérédité joue un grand rôle et qu'il existe probablement des causes extérieures (alimentaires ou environnementales) et psychologiques. Parmi ces maladies, on trouve entre autres la maladie de Crohn (côlon), la polyarthrite rhumatoïde, certaines formes de diabète, la maladie de Horton, le lupus et bien d'autres. C'est donc l'ensemble de l'organisme qui est touché ou l'ensemble des tissus d'un même "système". C'est ainsi que l'on peut voir par exemple des vascularites (inflammation des artères par attaque auto-immune) et des arthrite (attaque des tissus articulaires), dont la polyarthrite rhumatoïde. Dans la maladie de Basedow, c'est la thyroïde qui est touchée, mais pas seulement, puisque l'on retrouve également une atteinte oculaire. La thyroïde augmente de volume et la sécrétion d'hormones thyroïdiennes s'emballe. Les yeux augmentent également de volume (précisément les tissus situés en arrière des yeux), donnant ce qu'on appelle une " exophtalmie " (aspect des yeux exorbités).

On incrimine souvent la glande thyroïde lors d'une prise de poids, mais ce n'est que rarement le cas. En revanche, lors d'une perte de poids, surtout si elle est associée à une irritabilité inhabituelle, des sueurs et une thermophobie (chaleur mal supportée), sans perte d'appétit, il ne faut pas l'attribuer à un simple problème d'humeur, mais plutôt à une trop forte sécrétion d'hormones thyroïdiennes.

La principale caractéristique physique de la maladie est une augmentation diffuse du volume de la glande thyroïde située en avant du cou, qui forme ce qu'on appelle un "goitre". La seconde caractéristique est une augmentation du volume des yeux. La troisième, plus rare, est un gonflement des tissus de la jambe en avant du tibia, de coloration violette, avec des nodules recouvrant également le dessus du pied que l'on appelle myxoédeme prétibial. Sur un plan plus général apparaissent des tremblements, une accélération de la fréquence cardiaque avec risque de fatigue du coeur, un amaigrissement avec perte d'appétit, une sudation excessive, une nervosité, une grande anxiété, une diarrhée et une thermophobie (chaleur mal supportée).

Les examens complémentaires sont basés sur une prise de sang. Ils comprennent le dosage des hormones thyroïdiennes (T3 et T4), trop élevées, et la TSH, trop basse (la TSH est une hormone qui normalement stimule la sécrétion des hormones thyroïdiennes ; ici, elle est en quelque sorte "bloquée"). On décèle également la présence d'anticorps contre les structures thyroïdiennes. Parmi les autres examens, la scintigraphie et l'échographie thyroïdiennes permettent de diagnostiquer une cause à l'hyperthyroïdie, autre que la maladie de Basedow (comme par exemple des nodules dans la thyroïde).

Le traitement est d'abord médical. Il débute par la prescription de comprimés appelés antithyroïdiens de synthèse. Il faut environ un mois pour que le traitement soit efficace en diminuant la sécrétion d'hormones thyroïdiennes. Ensuite, les doses sont adaptées afin que cette diminution ne soit pas trop forte, au besoin en donnant des comprimés d'hormones de synthèse pour compenser. La durée du traitement est d'environ deux ans, afin d'éviter de nouvelles poussées. Le traitement de la maladie par administration d'iode radioactif est simple, mais ses résultats sont retardés de plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et il existe un risque d'hypothyroïdie (insuffisance de sécrétion d'hormones thyroïdiennes) secondaire au bout de plusieurs années dans près de 50% des cas. Ce traitement ne peut être administré à une femme enceinte. Il est peu proposé en France où l'on préfère la chirurgie. Cette dernière méthode consiste à réduire la taille de la glande thyroïde en n'en laissant qu'un tout petit morceau, qui à lui seul assurera la sécrétion d'hormones thyroïdiennes. Cette chirurgie est peu risquée entre des mains expérimentées. Les risques principaux sont une hypothyroïdie, si trop de glande a été enlevé (on donne alors des comprimés d'hormones de synthèse pour compenser), une hypocalcémie (si les glandes parathyroïdes responsables du calcium sont abîmées) et une atteinte du nerf récurrent, celui des cordes vocales.

Publié par <a href="/taxonomy/term/19135" hreflang="fr">Dr Renaud Guichard</a> le 09/10/2002 - 02h00 Fondation Canadienne de la thyroïde : www.thyroid.ca
Vous devez être connecté à votre compte E-Santé afin de laisser un commentaire
PUB
A lire aussi
Obésité : l'ennemie du coeur Mis à jour le 24/09/2002 - 00h00

L'obésité augmente considérablement le risque d'insuffisance cardio-vasculaire. Ce danger augmente pour chaque point d'Indice de Masse Corporelle supplémentaire.

Qu'est-ce qu'une maladie auto-immune ? Publié le 17/08/2016 - 16h03

Dans le cas d’une maladie auto-immune, le système immunitaire combat ses propres cellules car il les considère à tort comme des ennemis. Pourquoi et quelles sont les principales maladies auto-immunes connues ? Le point sur ces étranges maladies…

L'imagerie moderne au secours de la maladie d'Alzheimer Mis à jour le 17/06/2002 - 00h00

La maladie d'Alzheimer représente 60% des causes de démences en Europe. Les lésions qu'elle entraîne sur le cerveau ont été décrites pour la première fois il y a près d'un siècle, mais l'autopsie était indispensable pour les observer. Les progrès réc...

Le sport au secours de la polyarthrite rhumatoïde Publié le 11/09/2014 - 15h31

Les traitements les plus efficaces ne sont pas toujours les plus spectaculaires. Et le sport a souvent sa place dans la prise en charge d'une maladie. Cet adage vaut pour les petits bobos quotidiens, mais également pour des maladies plus graves, comm...

Plus d'articles