Baisse de libido : est-ce la ménopause ?

Mise à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 24/05/2017 - 14h34
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Une baisse de la libido fait effectivement partie des symptômes liés à la ménopause. Ne plus avoir envie de faire l'amour à cette période de la vie s'explique par de multiples facteurs physiques et psychologiques. Mais ce n'est pas une fatalité. D'ailleurs, 80% des femmes restent sexuellement actives entre 50 et 60 ans.

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Ménopause : la muqueuse se fragilise

La peau tout comme les muqueuses sont sous l'influence des hormones, lesquelles sont nécessaires à la régénération et à la microcirculation sanguine. Avec la ménopause, la peau et les muqueuses sont des tissus qui deviennent plus fins et plus fragiles. La peau est plus sèche, moins souple, elle tire, elle gratte, etc. Elle peut aussi devenir plus grasse, voire acnéique, avec une virilisation (apparition de poils notamment sur le visage).
Quant à la muqueuse vaginale, elle est aussi plus fragile face aux infections, elle est plus sèche et moins élastique. C'est ainsi que les rapports sexuels sont parfois inconfortables, voire douloureux. La libido s'enferme ici dans un cercle vicieux, car plus les rapports sexuels sont douloureux, plus ils s'espacent. Or moins on fait l'amour, moins la muqueuse est irriguée, moins elle est stimulée et moins elle est réactive. Tous les ingrédients sont réunis pour une chute de la libido. On estime qu'environ 20% des femmes ménopausées souffrent de sécheresse vaginale responsable de douleur à la pénétration.

À savoir : l'humidification du vagin dépend de deux mécanismes. L'un est liée une vasodilatation déclenchée par l'excitation sexuelle. L'autre est contrôlé par les estrogènes qui stimulent les glandes exocrines. C'est ce dernier mécanisme qui est altéré par la ménopause lors de l'effondrement hormonal. Le traitement hormonal substitutif peut compenser ce phénomène de sécheresse vaginale, mais l'application de gels locaux est parfois aussi conseillée.
À noter que les seins aussi se transforment. En période de périménopause, ils peuvent être douloureux. Mais les douleurs finissent par disparaître complètement une fois la ménopause installée. Ils deviennent alors moins réactifs aux caresses.
 

Ménopause et troubles psychologiques

Enfin, les modifications psychologiques liées à la ménopause peuvent aussi contribuer à une baisse de libido. Il s'agit d'une période particulière de la vie de la femme. L'arrêt du fonctionnement hormonal des ovaires indique la fin de la fertilité, à laquelle sont souvent associées la féminité et la séduction. À cela s'ajoutent la fatigue, l'irritabilité, les troubles du sommeil, etc., qui accompagnent classiquement la ménopause. Certaines femmes se sentent trahie par leur corps en plein remaniement, et ont l'impression de ne plus être désirables. Ceci dit, n'oublions pas que la grande majorité des femmes ménopausées sont en excellente forme physique et mentale et que 80% restent sexuellement actives entre 50 et 60 ans...

Initialement publié par Isabelle Eustache, journaliste Santé le 07/06/2010 - 00h00 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 24/05/2017 - 14h34

Christian Jamin, "Santé et ménopause", Edition Jacob-Duvernet.

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