Asthme sévère: anti-IgE en dernier recours

Publié par Isabelle Eustache, journaliste Santé le 26/06/2007 - 00h00
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En cas d'asthme sévère et non contrôlé, c'est-à-dire quand les symptômes persistent malgré les traitements, on peut désormais recourir aux anticorps anti-IgE. Cette nouvelle famille de traitements anti-asthmatiques permet une nette amélioration de la qualité de vie au quotidien. Le point sur les anti-IgE avec le Dr Marc Humbert*.

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L'asthme est une maladie respiratoire inflammatoire chronique fréquente qui touche 30 millions d'Européens. Lorsque l'asthme est persistant sévère et a fortiori non contrôlé, il peut être à l'origine d'un handicap majeur pour le patient. La qualité de vie des asthmatiques sévères est souvent très altérée: activité physique limitée, restriction des activités sociales, limitation des activités professionnelles. Enfin, chaque année, environ 400 Belges décèdent de leur asthme. Aujourd'hui, malgré des traitements très efficaces au premier rang desquels les corticostéroïdes inhalés et les bronchodilatateurs de longue durée d'action, 40% des asthmatiques sévères demeurent symptomatiques. Pour les patients asthmatiques allergiques sévères mal contrôlés, l'ajout des anticorps anti-IgE aux traitements actuels, peut permettre d'améliorer le contrôle de l'asthme et la qualité de vie au quotidien.

Que sont les anti-IgE?

Dr Marc Humbert : Les anti-IgE inaugurent une nouvelle famille de traitements anti-asthmatiques. Il s'agit d'anticorps monoclonaux administrables par voie sous-cutanée, concus pour neutraliser les immunoglobulines de type E (IgE), anticorps essentiels à la réaction allergique. Chez les deux tiers des asthmatiques adultes, l'asthme a une origine allergique identifiée. Chez ces patients, les allergènes entraînent la fabrication d'anticorps de type IgE spécifiques. Très importants dans la cascade allergique, ces anticorps vont sensibiliser l'organisme à ces allergènes. Lors d'une exposition ultérieure à ces mêmes allergènes, ceux-ci vont rencontrer les IgE fixées sur les cellules immunitaires (au premier rang desquelles les polynucléaires basophiles et les mastocytes) et déclencher dans l'organisme une réaction aiguë liée à la libération de différentes substances (histamine, leucotriènes, cytokines…) à l'origine des symptômes de l'asthme et de l'allergie. Les anti-IgE sont capables de s'attacher spécifiquement aux IgE libres circulant dans le sang et de bloquer ainsi leur liaison aux cellules immunitaires et donc d'inhiber la cascade allergique.

A qui s'adressent-ils?

Dr Marc Humbert : Les anti-IgE sont indiqués en traitement additionnel pour améliorer le contrôle de l'asthme chez les adultes et les adolescents (à partir de 12 ans) atteints d'asthme persistant sévère d'origine allergique, mal contrôlé malgré les traitements actuels. Ces personnes doivent présenter une réduction de la fonction pulmonaire inférieure à 80% de la valeur normale, des symptômes diurnes ou des réveils nocturnes fréquents, des exacerbations sévères, et ce, malgré un traitement quotidien par un corticoïde inhalé à forte dose et un bêta-2-agoniste inhalé de longue durée d'action.



* Le Dr Marc Humbert est Professeur de pneumologie à l'Université Paris-Sud, membre de nombreuses sociétés savantes, il fait partie du groupe Asthme de la Société européenne d'allergologie (EAACI).

Publié par Isabelle Eustache, journaliste Santé le 26/06/2007 - 00h00
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