Aspirine après 75 ans : pas sans précautions

Mise à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 20/06/2017 - 15h50
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L'aspirine est un médicament très répandu et très utile. Elle est notamment utilisée au long cours pour prévenir les récidives de problèmes cardiovasculaires. Son effet préventif sur certains cancers est aussi étudié. Mais attention, elle n'est pas sans dangers... 

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L'aspirine n'est pas sans dangers

L'aspirine est aujourd'hui recommandée tout au long de la vie pour les personnes qui ont subi un infarctus ou un AVC. Elle diminue en effet les récidives de ces troubles, grâce à son action anticoagulante : les plaquettes risquent moins de s'agréger et de boucher une artère ou une veine.

Malheureusement, prendre de l'aspirine au long cours augmente le risque d'hémorragie gastro-intestinale : l'aspirine augmente le risque de saignement de l'estomac, et elle diminue aussi la capacité de l'organisme à le faire cesser parce qu'elle est anti-coagulante. Ces deux effets combinés entraînent le risque d'un saignement qui n'est pas forcément détecté parce qu'il est interne, et ne cessera pas de lui-même.

Attention pour les plus de 75 ans

Selon une étude anglaise de 2017, le risque qui s'attache à la prise d'aspirine au long cours a peut-être été sous-estimé chez les personnes de plus de 75 ans. Après avoir suivi une population pendant 10 ans, les chercheurs se sont en effet rendu compte que le risque d'hémorragie majeure est multiplié par trois après 75 ans, pour atteindre 3,36% par an, et même plus de 4% après l'âge de 80 ans. La décision de traiter toute la vie a été prise en se basant sur des chiffres concernant des personnes plus jeunes. Ces hémorragies, qui se passent pour la plupart dans l'estomac, mais aussi parfois dans le cerveau, sont très dangereuses : près de 20% sont mortelles, et autour de 40% entraînent un handicap.  

Il est possible de protéger les personnes âgées contre les hémorragies liées à l'aspirine en leur prescrivant en parallèle un médicament qui protège l'estomac, l'inhibiteur de la pompe à protons. Ce n'est cependant pas toujours dans les habitudes des médecins. 

Ces chiffres sont importants parce qu'un très grand nombre de personnes âgées est traité à l'aspirine - entre 40% et 66% dans nos pays. Si vous, ou l'un de vos proches, est dans ce cas, n'hésitez pas à consulter votre médecin pour vous renseigner sur la possibilité de vous faire prescrire des IPP. 

Initialement publié par Isabelle Eustache, journaliste Santé le 30/07/2002 - 00h00 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 20/06/2017 - 15h50

US preventive services Task Force, Ann. Intern. Med., 136: 157-60, 2002.

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