Applis santé : n’oubliez pas votre bon sens !

Publié par Marion Garteiser, journaliste santé le 07/03/2017 - 10h06
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Une nouvelle étude indique que les applis santé ne sont pas bons… pour la santé. Faut-il s’en passer ?

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Des applis pas si bons pour la santé

Une étude plutôt décourageante montre que les applications « santé » ne sont en réalité pas très bonnes pour nous. Elles se basent sur des notions peu fiables, nous encouragent parfois à en faire trop, et sont donc inutiles, voire nuisibles, expliquent les auteurs. Ce n’est pas la première fois que les applis sont dénoncées. Celles qui sont supposées servir à tomber enceintes, ou à bien suivre sa grossesse, sont tout aussi décriées. En réalité, tous ces reproches se rejoignent un peu. On peut les résumer en deux points. D’abord, les applications ne se basent pas toujours sur des données réellement scientifiques et fiables ; ensuite, elles nous encouragent à nous en servir mal.

Scientifique en apparence… mais qu’en est-il de la réalité ?

Idéalement, les applications « santé » devraient se baser sur des données scientifiques fiables pour nous aider à faire les bons choix. Le problème c’est qu’en réalité, les données scientifiques sur les bons comportements à adopter ne sont pas si nombreuses. Et même les choses dont nous sommes vraiment certains – l’intérêt de l’activité physique par exemple – ne sont pas faciles à traduire en conseils pratiques : on sait que certaines durées et certaines activités sont bénéfiques, mais on n’est pas sûr qu’elles le sont pour tout le monde ; et on ne sait pas si d’autres durées ne pourraient pas avoir d’autres effets, en bien ou en mal. Or les applications santé doivent nous donner des messages suffisamment simples pour être appliqués. Pas de place pour la nuance ! On retombe donc souvent sur de « bons vieux » conseils, comme faire 10 000 pas par jour, qui ont l’avantage d’être faciles à retenir mais pas celui d’être basés sur des études vraiment fiables. Ainsi, soulignent les auteurs de l’étude, pour certaines personnes (qui souffrent des articulations par exemple), 10 000 pas c’est beaucoup trop…

L’arbre qui cache la forêt ?

À l’inverse, rappellerons-nous, il y a aussi des personnes qui font leur 10 000 pas par jour mais ont par ailleurs un mode de vie plutôt malsain. Les applications, avec leurs félicitations enthousiastes pour tous les paliers franchis, risquent alors de nous encourager à nous reposer sur de (faux) lauriers : certes, je continue à fumer, mais je fais 10 000 pas par jour donc je n’ai pas vraiment besoin de m’en préoccuper…

Le problème, c’est que nous avons tendance à déléguer à nos téléphones et aux applis qui s’y trouvent la responsabilité de notre santé, alors que celle-ci demeure fermement entre nos mains. Alors se servir d’une appli santé pour augmenter la durée de son activité physique pendant la journée, c’est une très bonne idée, à recommander chaudement. Idem si l’on a du mal à se discipliner pour se coucher plus tôt, si l’on a besoin d’aide pour garder le compte de ce que l’on mange chaque jour, ou autre. Mais il ne faudrait pas pour autant croire qu’elles peuvent nous apporter de vraies informations sur notre santé. Ça, c’est le travail des médecins. Les applis quant à elles ne sont ni des gourous, ni des baguettes magiques : simplement des outils.

Billet publié par Marion Garteiser, journaliste santé le 07/03/2017 - 10h06
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