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L'aponévrosite plantaire expliquée aux sportifs

L'aponévrosite plantaire expliquée aux sportifs
De nombreux basketteurs, notamment deux joueurs français archi-connus évoluant en NBA, ont souffert d'aponévrosites plantaires. C'est grave, Docteur?

Pourquoi les basketteurs souffrent-ils d'aponévrosite plantaire


A la réception d'un saut, les joueurs de foot, de basket ou de volley évitent soigneusement d'atterrir avec les pieds à plat sur le sol à la façon d'un ours. Ils amortissent en effet l'impact en prenant contact d'abord avec l'avant du pied puis en déroulant la surface d'appui jusqu'au talon. Bien entendu, cet exercice soumet le pied à des contraintes énormes. Mais la nature est bien faite et l'évolution nous a dotés d'une lame fibreuse extrêmement résistante, quoique peu élastique, qui court sur toute la longueur de la face du pied entre le gros os du talon (le calcanéum) et les petits osselets de l'avant du pied (les métatarses). Cette aponévrose plantaire a pour mission de résister aux contraintes d'écartement. Pour cela, elle bénéficie aussi de l'aide d'un muscle, le court fléchisseur plantaire, que l'on peut sentir à la base du gros orteil lorsqu'on palpe la plante de pied et que l'on joue à plier et déplier ses orteils. Ce muscle se renforce dans la pratique du sport.

L'aponévrosite plantaire, une blessure qui exige de la patience


Deux types de lésions peuvent toutefois survenir. Dans des cas relativement rares, il arrive qu'à la réception d'un saut, le sujet éprouve une vive douleur au niveau de la plante du pied, du type "coup de poignard". C'est la déchirure! Le traitement consiste alors à plâtrer et attendre patiemment la cicatrisation (minimum 4 semaines). L'autre situation est moins spectaculaire mais plus problématique. Le sujet ressent d'abord quelques élancements à la face interne du talon, surtout le matin au saut du lit. Progressivement, cette douleur s'intensifie et envahit toutes les activités. Les basketteurs ne sont pas les seuls concernés. Ces "talonnades" tourmentent aussi les joueurs de foot, de rugby, de volley, de hand et, bien sûr, les coureurs à pied. Médicalement parlant, il s'agit d'une inflammation de la zone d'insertion de l'aponévrose plantaire sur le calcanéum. Grâce aux examens complémentaires (échographie ou IRM), on peut distinguer assez précisément l'épaississement des fibres et la dilatation des capillaires environnants. Dans un stade ultérieur, il arrive que l'os lui-même soit entraîné dans le processus inflammatoire et que des cellules osseuses s'incrustent dans l'aponévrose qui perd alors sa souplesse naturelle. Sur les radiographies apparaissent des sortes d'épines osseuses. Longtemps, on a commis l'erreur de procéder à l'ablation de ces épines avant de comprendre qu'elles n'étaient pas à l'origine de la douleur. Elles ne sont que le résultat d'une tentative maladroite de la masse osseuse pour consolider une aponévrose devenue trop fragile. C'est pourquoi il faut envisager le problème comme on le ferait pour une tendinite et prescrire une période de repos sportif, seule capable de briser le cercle vicieux. Bien sûr, on peut nager, ramer ou rouler à vélo mais rien qui nécessite de se tenir sur ses deux pieds. Il faut de la patience. Comptez deux mois pour une aponévrosite récalcitrante. Et surtout, résistez à l'envie de reprendre trop vite, sous peine de relancer l'inflammation.

Article publié par le 14/06/2010

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