Aphasie

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L'aphasie est un signe neurologique dû à un trouble de l'hémisphère dominant. Selon le type d'aphasie, le problème peut être de trouver les mots, de comprendre les mots, ou les deux. Ainsi, l'aphasique est incapable de comprendre ce qu'on lui dit ou de trouver les mots nécessaires pour terminer ses phrases. Il peut également éprouver certaines difficultés à lire et à écrire.

L'aphasie de Broca (ou aphasie motrice) :

  • excellente compréhension du langage ;
  • atteinte de l'expression ;
  • difficulté ou incapacité à trouver les mots justes ;
  • troncation des phrases (exemple : "Je suis allé à l'hôpital" deviendra "Allé hôpital").


L'aphasie de Wernicke (ou aphasie sensorielle) :

  • atteinte de la compréhension ;
  • facilité d'expression ;
  • production de longues phrases sans signification ;
  • ajout de mots inappropriés (exemple "Le chien mange du papier j'irai demain") ;
  • substitution d'un mot à un autre ou d'une syllabe à une autre, phénomène appelé "paraphasie".


L'aphasie globale :

  • atteinte à la fois de l'expression et de la compréhension.

 

 

  • L'accident vasculaire cérébral (AVC) : c'est la cause la plus fréquente d'une aphasie d'apparition subite. Un caillot ou une thrombose peut obstruer les artères qui irriguent l'hémisphère dominant du cerveau. Une paralysie complète ou partielle d'une moitié du corps accompagne souvent l'aphasie lors d'un AVC. S'il se produit dans l'hémisphère mineur, l'AVC peut causer certains problèmes d'élocution, en raison de la paralysie de la bouche et des muscles de la phonation (dysarthrie). Dans un tel cas, toutefois, l'expression et la compréhension ne sont pas touchées.
  • Un traumatisme, comme une grave blessure à la tête.
  • Une tumeur cérébrale : la croissance d'une tumeur cérébrale peut entraîner une compression progressive du centre du langage.
  • Un syndrome démentiel (exemple : la maladie d'Alzheimer). Ce type de maladie détruit peu à peu les cellules cérébrales responsables du langage.

 

 

  • Ne prenez pas l'aphasie à la légère : toute personne soucieuse ou particulièrement fatiguée peut perdre le fil de ses idées ou encore chercher ses mots. Il s'agit d'un phénomène normal et il ne faut pas s'en inquiéter. Toutefois, si cela se produit sans raison apparente, il vaut mieux consulter rapidement, la récupération n'en sera que facilitée.
  • Prévenez l'Accident Vasculaire Cérébral (AVC) : le tabagisme, les troubles cardiaques, l'hypertension, le diabète, l'artériosclérose et le vieillissement sont tous des facteurs de risque d'accidents vasculaires cérébraux. Pour les prévenir, vous devez maintenir un poids santé, pratiquer une activité physique, avoir une saine alimentation, faire vérifier votre tension artérielle régulièrement et, surtout, cesser de fumer.
  • Si un proche souffre d'aphasie : soyez patient, car la récupération est parfois longue et pénible. Vous pouvez l'aider à récupérer en ne terminant pas ses phrases pour lui, en l'incitant à faire des efforts et en utilisant un langage simple et de courtes phrases (sans toutefois adopter le "langage bébé").
  • Demandez de l'aide : il existe des organismes et des groupes d'entraide qui ont pour but d'offrir soutien et information aux aphasiques ainsi qu'à leur famille.

 

 

  • Vous croyez que vous êtes aphasique.
  • Vous pensez qu'un des vos proches souffre d'aphasie.
  • Quelqu'un de votre entourage vous fait remarquer que vous avez des troubles d'élocution.

 

Pour détecter une aphasie, le médecin procédera à un examen médical complet, comprenant un questionnaire et un examen neurologique. Il pourra avoir recours à l'électroencéphalogramme, à la tomodensitométrie cérébrale (scanner), à la tomographie isotopique du cerveau (SPECT) par résonance magnétique ainsi qu'à un examen orthophonique ou neuropsychologique.

Il n'existe aucun traitement médicamenteux ou chirurgical de l'aphasie, quel qu'en soit le type. Seuls le temps et la rééducation orthophonique peuvent améliorer l'état du patient atteint d'aphasie. Et il n'y a pratiquement rien à faire si l'aphasie est attribuable à une tumeur cérébrale ou à un syndrome démentiel. Quand il s'agit d'un AVC ou d'un traumatisme, il est rare que l'aphasie demeure permanente. Le rétablissement peut être complet ou incomplet. Dans la majorité des cas, il y a récupération appréciable du langage, avec quelques séquelles (par exemple, le patient peut buter sur certains mots). Mais pour un rétablissement maximal, il est recommandé que la rééducation soit entreprise dès l'apparition des symptômes, car c'est à ce moment que la réponse du cerveau est à son meilleur. La rééducation orthophonique commence souvent à l'hôpital, dans les jours qui suivent le diagnostic. La durée de la rééducation est habituellement de trois mois. Si l'aphasique se sent déprimé, une aide psychologique lui sera apportée. Lorsque l'état de santé du patient le permet, la rééducation se fait en externe, dans un centre de réadaptation. En outre, les proches seront mis à contribution afin de soutenir le patient et de l'aider dans ses exercices. La vitesse d'amélioration varie selon l'importance des lésions, l'état de santé général de l'aphasique, sa motivation et son niveau d'éducation. En général, la récupération la plus rapide prend six semaines, mais elle peut s'étendre sur une année.

Initialement publié le 31/05/2001 - 02h00 et mis à jour par <a href="/taxonomy/term/19356" hreflang="fr">Dr Luc Marchand, Neurologue, Centre Hospitalier de l'Université de Montréal Hôtel-Dieu</a> le 26/08/2010 - 15h25 Guide familial des symptômes sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Media, 2005
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Manika

bonjour , depuis quelques semaines j'ai le cerveau qui se contracte comme s'il était dans un etau pourriez-vous me dire ce que cela signifie et si cela peut devenir grave, merci pour votre réponse

Manika

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