Allergie aux acariens

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Les acariens vivent dans les tapis, les rideaux, les matelas, les oreillers et les édredons, car ils se nourrissent de poussière, de squames (pellicules de peau) et de champignons microscopiques qui poussent sur les matelas. Ils affectionnent tout particulièrement la chaleur (plus de 20°C) et l'humidité (plus de 50 % d'humidité relative). Une maison très bien isolée, où vivent des êtres humains et des animaux et où l'on trouve beaucoup de meubles rembourrés, constitue pour eux un terrain de prédilection. Les acariens sont tout à fait inoffensifs. Par contre, leurs excréments (sous forme de poussière) peuvent être allergènes pour une personne prédisposée aux allergies. Et, comme l'élément allergène se trouve dans l'environnement immédiat, bien des personnes présentent des symptômes d'allergie tout au long de l'année. L'inconfort augmente souvent au printemps et à l'automne, à cause des changements de température et d'humidité. L'allergie aux acariens se manifeste par un ou plusieurs de ces symptômes :

  • éternuements ;
  • écoulement nasal ;
  • congestion nasale ;
  • difficultés respiratoires ;
  • larmoiement ;
  • rougeoiement de l'oeil ;
  • oreilles bouchées ;
  • eczéma ;
  • asthme.

Intolérance physiologique. L'allergie est une réaction d'intolérance à une substance étrangère. Lorsque cette substance entre en contact avec l'organisme (dans le cas des poussières d'acariens, ce contact se fait par les poumons), elle déclenche la production d'histamine dans le sang (molécule cousine de l'adrénaline et de la sérotonine, entre autres). C'est l'histamine qui provoque l'ensemble des réactions allergiques. Hérédité. Les chercheurs ignorent pourquoi certains réagissent à telle substance et d'autres non. Il est toutefois prouvé que la tendance à faire de l'allergie est héréditaire.

Réaménager l'environnement. Enlevez les rideaux, les stores horizontaux, les moquettes, les tapis et les carpettes dans toute la maison. Dans les chambres, débarrassez-vous des jouets en peluche ou en tissu, des coussins, des accessoires difficiles à nettoyer et des lits superposés car la poussière s'accumule sur le lit du haut et vole dès qu'une personne se couche dedans. Si possible, remplacez vos canapés et fauteuils en tissu par d'autres en cuir ou en matière synthétique. Bref, éliminez tout ce qui peut ramasser la poussière. Prendre des précautions supplémentaires pour les chambres. Remplacez les édredons et les oreillers de duvet (difficiles à nettoyer) par des articles lavables en fibre synthétique. Les couvertures de laine et les draps « santé » en flanelle sont à bannir. Recouvrez matelas et oreillers d'une housse antiacariens munie d'une fermeture à glissière sur laquelle vous appliquerez du ruban adhésif pour la rendre parfaitement hermétique. Passez l'aspirateur sur toutes les surfaces du matelas, sans oublier le sommier et le dessous du lit. Évitez d'utiliser ce dernier comme espace de rangement, car la poussière s'y entasse et le nettoyage en devient plus difficile. Lavez les draps, les couvertures et les couvre-lits toutes les semaines, à l'eau chaude. Quel que soit le détergent, seule l'eau très chaude (au moins 60°C) détruit les acariens. Lavez également le plancher et les stores toutes les semaines. Si c'est possible, sortez vos matelas une fois par mois pour les laisser « respirer » au soleil. Contrôler la température et l'humidité. Assurez-vous que la température dans la maison ne dépasse pas 20°C et l'humidité relative, 45 %. Un hygromètre, instrument qui sert à mesurer le taux d'humidité de l'air, est essentiel. Et s'il le faut, équipez-vous d'un déshumidificateur. Limiter les déjections d'acariens en suspension dans l'air. Lorsqu'on passe l'aspirateur et qu'on active le système de chauffage à air chaud, on contribue à suspendre dans l'air les déjections des acariens. On les respire alors davantage, ce qui risque d'aggraver les symptômes d'allergie. Pour limiter ces problèmes, équipez-vous d'un aspirateur central qui repousse l'air à l'extérieur. Il a l'avantage de moins soulever la poussière qu'un aspirateur portatif. Si vous êtes très allergique aux acariens, portez un petit masque (en vente dans les quincailleries) pour passer l'aspirateur ou, mieux, confiez ce travail à quelqu'un d'autre. Pour épousseter, prenez un chiffon humide plutôt qu'un plumeau. Si vous avez un système de chauffage à air chaud, fermez la bouche d'aération dans la chambre à coucher ou recouvrez-la d'un tissu filtrant de type gaze ou étamine (coton à fromage), que vous changerez régulièrement. Déclarer la guerre aux acariens. Certains produits permettent d'éliminer de la maison les acariens et leurs poussières. Par exemple, « Acardust », que l'on vaporise sur la literie. Informez-vous auprès de votre pharmacien. Prendre des médicaments. Si, malgré toutes vos précautions, vous souffrez d'une crise grave, un antihistaminique vendu sans ordonnance, sous forme de sirop ou de vaporisateur, vous aidera à mieux vous sentir. Se méfier des lits d'eau. Si vous croyez que les lits d'eau limitent la prolifération des acariens, détrompez-vous. Comme il est difficile de nettoyer l'espace entre la poche d'eau et le caisson, il s'y accumule une certaine quantité de poussière et de squames. Si vous tenez à avoir un lit d'eau, optez pour un matelas d'eau qui repose sur un sommier en acier. Il existe aussi des matelas d'air, qui permettent de mieux lutter contre les acariens grâce à leur surface lavable.

  • Vous présentez des symptômes très incommodants et/ou très fréquents.
  • Vous faites de l'asthme.

Outre l'examen physique et le questionnaire, le médecin peut prescrire une série de tests d'allergie afin de diagnostiquer l'allergie aux acariens.

Si les antihistaminiques ne suffisent pas à maîtriser l'allergie, le médecin peut suggérer une immunothérapie, c'est-à-dire une série de vaccins de sensibilisation. En injectant des extraits d'acariens dans l'organisme, ce dernier apprend graduellement à fabriquer ses propres anticorps. Une immunothérapie dure environ trois ans. Les vaccinations ont lieu une ou deux fois par semaine pendant quelques mois, selon le cas, puis tous les mois, jusqu'à la fin du traitement. Lorsque l'immunothérapie est terminée, le bagage génétique ne change pas, mais les symptômes diminuent de façon notable.

Publié par <a href="/taxonomy/term/18949" hreflang="fr">Dr Guérin Dorval, Allergologue-immunologue</a> le 03/09/2001 - 02h00 Guide familial des maladies publié sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Media, 2001
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