La consommation d'alcool favorise les actes de violence, c'est connu depuis longtemps. Et pourtant, l'alcool ne doit en aucun cas servir d'excuse à ces actes. Une étude apporte en effet un nouvel angle de réflexion: et si l'idée de l'alcool nous influençait aussi?
L'alcool est la substance la plus fréquemment liée aux violences entre les personnes. Selon une enquête française (1), 40% des sujets ayant participé à une bagarre dans un lieu public avaient consommé de l'alcool dans les deux heures qui précédaient. De même pour 25% des auteurs d'agression ayant eu lieu hors de la famille et 35% des auteurs d'agression dans la famille. Dans tous les cas, la quantité d'alcool consommée en une occasion était l'une des meilleures prédicatrices de ces agressions.
Toujours selon cette enquête: 6% des personnes interrogées affirment que l'alcool les rend agressifs, 8% considèrent qu'ils perdent le contrôle d'eux-mêmes 3% cherchent la dispute, 3% affirment devenir méchants ou s'engager dans des bagarres. Effectivement, les études pharmacologiques montrent que l'alcool perturbe le fonctionnement cognitif exécutif, ce qui, en d'autres termes, altère l'auto-contrôle du comportement, d'où des réactions agressives facilitées. Pourtant, si l'alcool représente un facteur de risque important dans le domaine des violences, il n'est pas nécessaire, ni suffisant. Sa consommation est associé à divers catalyseurs de violence: bars, boîtes de nuit, grande densité de population, lieux bruyants, enfumés, facteurs individuels (troubles de la personnalité, mais aussi malaise social, délinquance, ou autres), etc.
Isabelle Eustache
30/09/2008
Etude Evaluative sur les relations entre violences et alcool, Direction générale de la santé (MA 05 208), Pr Laurent Bègue, Institut Universitaire de France / Université Pierre Mendès-France, Grenoble.
A lire aussi :
-