Ablation du sein : la kiné pour les cicatrices

Mise à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 04/10/2016 - 16h52
-A +A

Après une mastectomie (ablation du sein), certaines femmes souffrent de douleurs au niveau de leur cicatrice mais aussi d’une altération de l’image d’elles-mêmes. Pour soulager la souffrance physique et psychologique, la kinésithérapie dispose d’armes spécifiques.

PUB

Soulager les douleurs et améliorer l’esthétique

Lors de la cicatrisation, les tissus superficiels et profonds ont tendance à coller ensemble, créant ainsi ce que l’on appelle des adhérences. Inesthétiques, elles peuvent aussi occasionner des douleurs au niveau de la cicatrice et rendent certains mouvements du bras douloureux, parfois même jusqu’à empêcher le port d’une prothèse amovible.

Grâce à des gestes spécifiques sur et autour de la cicatrice, le ou la kinésithérapeute peut soulager ces douleurs, rendre la cicatrice plus souple et réduire les sensations de sein dur. En outre, la patiente pourra récupérer l’amplitude des mouvements.

Cette  kinésithérapie « cicatricielle » prépare aussi la peau à une reconstruction mammaire future, en la rendant plus élastique et plus étirable lors de l’opération.

De même, après une intervention de reconstruction, le ou la kinésithérapeute peut mettre son art à contribution pour lutter contre l’œdème cicatriciel et obtenir un beau résultat esthétique, en favorisant la vascularisation de la cicatrice qui sera ainsi moins dure et plus vite blanche, donc plus discrète.

Comment ça marche ?

Cette kinésithérapie repose sur une approche différente car c’est à la fois le muscle et la peau qui sont abîmés. En plus, le fait qu’il y a présence de cicatrices entrave les techniques habituelles de rééducation : on doit en effet agir sur un tissu en souffrance.

Le ou la kinésithérapeute ciblera ses gestes en amont, sur toutes les chaînes musculaires se rattachant au grand pectoral.

Au départ, il doit parfois traiter « à distance » et partir de la main pour aller vers l’épaule et travailler la colonne cervicale et les omoplates avant de toucher (parfois seulement après plusieurs séances) la cicatrice proprement dite.

Celle-ci sera manipulée par des mouvements spécifiques et doux de pincer-rouler pour lutter contre les adhérences, d’étirements en zigzag, de ronds effectués du bout des doigts, de massages du type pétrissements et de pincements pour défibroser et assouplir en profondeur.

Initialement publié par Muriel Luypaert, journaliste santé le 19/11/2015 - 14h34 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 04/10/2016 - 16h52

Merci à Colette Rogier, kinésithérapeute.

Notez cet article
Vous devez être connecté à votre compte E-Santé afin de laisser un commentaire
PUB
A lire aussi
VDB et les kinés Mis à jour le 02/03/2002 - 00h00

Le ministre Vandenbroucke s'est senti obligé de répondre face aux interrogations angoissées de ses citoyens (et électeurs) à la suite des mesures prises envers le secteur de la kinésithérapie.

Cancer du sein : questions de femmes Mis à jour le 08/01/2002 - 00h00

Quantités d'interrogations se dessinent autour du cancer du sein . Sport, grossesse, contraception, nouveaux traitements, recherche génétique… Il est essentiel d'y répondre.

Reconstruction mammaire: un parcours difficile... Mis à jour le 08/01/2008 - 00h00

Chaque année, suite à un cancer du sein, des milliers de femmes vont subir une ablation chirurgicale du sein. Après cet acte mutilant, une reconstruction mammaire peut être proposée, parfois immédiatement lors du même acte opératoire, sinon, en diffé...

Plus d'articles